Taxation des pourboires : la restauration française en émoi face à une nouvelle menace fiscale

Taxation des pourboires : la restauration française en émoi face à une nouvelle menace fiscale

05.09.2025 08:53
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Le secteur de la restauration, déjà affaibli par la crise et des difficultés de recrutement, pourrait subir un nouvel revers avec la remise en question de l’exonération fiscale sur les pourboires. Une rumeur qui inquiète déjà les professionnels du métier, rapporte TopTribune.

Dans un contexte économique difficile, le Ministère des Finances explore des options pour renflouer les caisses de l’État, dont la taxation des pourboires, mentionnée dans le projet de budget 2026. Bien qu’aucune annonce officielle n’ait été faite, les spéculations suscitent déjà une forte agitation au sein de la profession.

Les syndicats se mobilisent

« Le pourboire, c’est ce qui fait l’attractivité du métier, » affirme Thierry Marx, chef étoilé et président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH). Selon lui, « Si on fiscalise, c’est la fin du service en France, alors qu’on traverse une crise de recrutement. Cela toucherait directement le pouvoir d’achat de nos équipes et fragiliserait l’équilibre économique de nombreuses entreprises. »

En réponse à ce projet, l’organisation syndicale a lancé une campagne de communication visant à contrer cette mesure, soutenue par deux études d’IPSOS et BVA, qui soulignent les menaces potentielles pour l’emploi. Les résultats révèlent que 81 % des salariés et 86 % des employeurs sont opposés à la fiscalisation des pourboires.

« Les pourboires ne sont pas un privilège, mais une reconnaissance du service par le client. Les fiscaliser et imposer des cotisations sociales sur ces gratifications reviendrait à instaurer une taxe sourire, » dénonce l’UMIH.

Une niche pour se relever de la crise

Cette exonération fiscale a été mise en place en 2022 pour soutenir les établissements de restauration suite à la crise sanitaire. Elle concerne uniquement les salariés en contact direct avec la clientèle, percevant un salaire maximal de 1,6 SMIC.

Cependant, le consensus semble difficile au sein des syndicats. La CGT et la CFDT expriment des inquiétudes, craignant que les employeurs n’utilisent les pourboires comme prétexte pour ne pas augmenter les salaires de base. De son côté, Force ouvrière appuie le maintien de cette exonération.

Ce dossier risque d’aggraver les tensions dans un secteur déjà en crise et pourrait raviver des revendications sociales dans un climat budgétaire incertain.

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