Le phénomène surprenant du syndrome d’auto-brasserie
Des scientifiques ont mis en lumière un phénomène étonnant permettant à certaines personnes d’éprouver un état d’ivresse sans avoir ingéré d’alcool. Ce syndrome, connu sous le nom de syndrome d’auto-brasserie ou autofermentation, soulève des questions importantes sur l’origine de la production d’alcool éthylique par l’organisme, ce qui pourrait avoir des implications significatives pour les traitements médicaux, rapporte TopTribune.
Des recherches publiées dans Nature Microbiology se concentrent sur les mécanismes internes de ce syndrome rare, illustrant comment des sucres ingérés peuvent être transformés en alcool par la flore intestinale.
Le rôle des bactéries
Contrairement à la théorie passée qui associait le syndrome aux champignons, les nouvelles études menées par Bernd Schnabl, de l’université de Californie à San Diego, indiquent que certaines bactéries pourraient être responsables de cette autofermentation. Sa recherche a porté sur 22 patients, la plus grande cohorte examinée à ce jour, qui ont montré la présence de profils bactériens spécifiques.
Pistes de traitement avec microbiote
La découverte offre de nouvelles pistes de traitement pour ceux qui souffrent de ce syndrome. Un patient a été traité avec succès en recevant des transplantations de microbiote fécal, permettant de rééquilibrer sa flore intestinale par l’introduction de selles de donneur sain.
Un cas marquant en Belgique
Ce syndrome soulève également des cas juridiques complexes. En 2022, un Belge a été arrêté avec un taux d’alcoolémie de 0,91 mg par litre d’air expiré, malgré ses affirmations de ne pas avoir consommé d’alcool. En 2024, il a évité une condamnation après avoir prouvé qu’il souffrait bien du syndrome d’autofermentation alcoolique.
Reconnaissant la gravité de sa condition, l’individu avait adopté une alimentation pauvre en glucides pour diminuer les symptômes. Le tribunal de police a cependant recommandé qu’il s’abstienne de toute consommation volontaire d’alcool lors de l’audience.