Les députés débattent de l’élargissement du travail le 1er Mai, suscitant des inquiétudes syndicales
Les députés français doivent se prononcer vendredi 10 avril sur l’opportunité d’autoriser certaines professions, telles que les boulangeries, fleuristes, jardineries et entreprises culturelles, à travailler le 1er Mai sur une base volontaire, rapporte TopTribune.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a alerté sur les dangers d’une telle décision. « Nous avons le soutien de tous les syndicats du monde qui nous disent que, si la France supprime le 1er-Mai comme jour chômé et férié, c’est un signal négatif pour tous les travailleurs et les travailleuses du monde », a-t-elle déclaré sur France Inter.
Selon la proposition en cours, les employés travaillant ce jour-là recevraient le double de leur salaire, et le refus de travailler ne serait pas considéré comme une faute ou un motif de licenciement. Toutefois, Binet met en garde : « Le 1er Mai, c’est une journée emblématique du droit des travailleurs et des travailleuses. » Elle estime que cette mesure pourrait précéder une dérégulation plus large, semblable à ce qui s’est produit avec le travail dominical.
La secrétaire générale a souligné que les promesses liées à cette mesure pourraient rester lettre morte : « On commence en disant, ne vous inquiétez pas, ça va être du volontariat avec des majorations pour celles et ceux qui travailleront le 1er Mai. Et aujourd’hui, il n’y a ni volontariat, ni majoration pour le travail du dimanche. »
Actuellement, la législation permet à un artisan de travailler le 1er Mai, mais il est interdit de faire travailler ses employés, ce qui entraîne des amendes. À l’occasion des 140 ans du 1er Mai, les huit confédérations syndicales se sont unies pour dénoncer une « remise en cause du 1er-Mai ». Pour marquer cette opposition, la CGT, FSU, Solidaires et FO Île-de-France ont organisé un rassemblement près de l’Assemblée nationale ce vendredi matin.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a déclaré que si la loi était adoptée, son application serait prévue dès mai 2026, suscitant ainsi de vives préoccupations parmi les travailleurs et les syndicats, qui voient dans cette proposition une menace pour les conquêtes sociales acquises au fil des décennies.