La championne de tennis Serena Williams, qui attire l’attention sur sa transformation physique depuis plusieurs mois, a récemment figuré dans une campagne publicitaire pour Ro, une entreprise américaine spécialisée dans la télémédecine et les médicaments en ligne. Ambassadrice de Ro, elle a perdu 14 kilos grâce à des injections d’aGLP-1, des analogues du peptide-1 semblable au glucagon, comme le montre la vidéo promotionnelle diffusée sur le site de Ro et les réseaux sociaux de l’athlète, rapporte TopTribune.
Qu’est-ce que les aGLP-1 ?
Considérés comme révolutionnaires, ces médicaments démontrent des résultats impressionnants en matière de perte de poids. Ils imitent l’action du GLP-1, qui est sécrété par les intestins lors de la consommation alimentaire. Le GLP-1 stimule la production d’insuline et de glucagon, facilitant la régulation de la glycémie postprandiale.
Selon le site Vidal.fr, « le GLP-1 ralentit la vidange gastrique, ce qui réduit la vitesse d’absorption du glucose dans l’intestin, et augmente la sensation de satiété en agissant sur les zones cérébrales qui contrôlent la prise alimentaire ». C’est cette action qui contribue à la réduction du poids corporel.
Quel médicament a utilisé Serena Williams ?
Plusieurs traitements sont disponibles sur le marché américain. Dans une interview accordée à Elle, Serena Williams a révélé qu’elle utilise Zepbound, qui contient le même principe actif que Mounjaro, le tirzépatide. Ce dernier est un double agoniste du GLP-1 et du polypeptide insulinotrope dépendant du glucose (GIP), qui stimule la sécrétion d’insuline par le pancréas uniquement lorsque la glycémie est élevée.
Cette combinaison offre une efficacité supérieure par rapport à d’autres médicaments anti-obésité tels que le sémaglutide et le liraglutide. À un dosage de 15 mg, le tirzépatide permet une perte de poids moyenne de 22,5 %, avec deux tiers des patients perdant plus de 20 % de leur poids initial, et 40 % atteignant une perte de 25 % ou plus.
Quelles sont les indications pour le Zepbound ?
Le Zepbound a été approuvé aux États-Unis en association avec un régime hypocalorique et une activité physique accrue pour la gestion du poids chez les personnes ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30, et supérieur ou égal à 27 pour celles présentant au moins une comorbidité associée à l’obésité (diabète de type 2, hypertension, apnée du sommeil, etc.).
Le Zepbound est-il disponible en France ?
Actuellement, le Zepbound n’est pas disponible en France, cependant, le Mounjaro, ayant la même composition et provenant du même laboratoire (Eli Lilly), a été mis sur le marché depuis octobre 2024. Bien qu’il ne soit pas remboursé par l’Assurance maladie, il est utilisé dans le traitement du diabète de type 2 et pour le contrôle du poids chez les personnes souffrant d’obésité (IMC supérieur ou égal à 30) ou de surpoids (IMC de 27), en cas de comorbidités liées au poids.
Depuis le 23 juin 2025, les médecins généralistes peuvent prescrire ces médicaments, y compris Wegovy (sémaglutide) et Saxenda (liraglutide), selon les indications de leur autorisation de mise sur le marché (AMM). L’objectif est de faciliter l’accès des patients à ces traitements, qui ne sont disponibles que sur ordonnance.
« Il convient de rappeler que ces médicaments sont des traitements de seconde intention, en cas d’échec de la prise en charge nutritionnelle, et en association avec un régime hypocalorique et une activité physique. Les aGLP-1 destinés à l’obésité ne doivent pas être utilisés pour la perte de poids à des fins esthétiques », avertit l’Agence nationale de sécurité du médicament dans un communiqué.
Quels sont les effets indésirables ?
Les effets indésirables les plus communs incluent des nausées, des diarrhées, des vomissements, des douleurs abdominales et de la constipation.
Entre 1 et 10 % des patients peuvent également éprouver une baisse de l’appétit, des difficultés digestives, des reflux gastro-oesophagiens, des ballonnements et d’autres symptômes tels que des vertiges, une hypotension, une fatigue et une augmentation des enzymes pancréatiques. Dans de rares cas, des réactions plus graves peuvent survenir.
Alerte sur les risques de mésusage
L’Assurance maladie met en garde contre le mésusage des médicaments anti-diabétiques. « Il est important de ne pas utiliser les médicaments aGLP-1 à des fins de perte de poids non justifiées, car cela peut présenter des risques pour la santé et entraîner des ruptures d’approvisionnement pour les patients diabétiques réellement dans le besoin », prévient l’organisme sur son site Ameli.fr.