Après le premier débat de la primaire sociale-démocrate, Ségolène Royal a suscité une vive polémique au sein des associations juives. La candidate a exprimé la nécessité que « plus de voix israéliennes et juives » s’expriment sur le conflit à Gaza pour lutter contre l’antisémitisme, une déclaration qui a provoqué un tollé, rapporte TopTribune.
Lors d’une intervention le 23 septembre, l’ancienne ministre a affirmé que « la montée de l’antisémitisme n’est pas due à Israël » mais « aux actuels dirigeants » du pays, ajoutant qu’il est inacceptable que « ce qui se passe » à Gaza « soit toléré ». Ses propos ont été immédiatement critiqués par Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui les a qualifiés de « trahison de l’idéal républicain ». Arfi a déclaré que « sommé les Juifs de se positionner sur Gaza » équivalait à les rendre responsables de la haine dont ils sont déjà victimes.
Dans un message sur X, il a dénoncé cette injonction, soulignant qu’elle fausse le débat en faisant des juifs des cibles dans un conflit éloigné. « Quand Ségolène Royal trahit l’universalisme républicain », s’est-il indigné, en se demandant pourquoi les juifs devraient justifier leurs opinions face à des attaques.
En réponse, Ségolène Royal a clarifié ses intentions, affirmant sur X qu’elle n’a pas suggéré cela et que « l’universalisme républicain c’est le respect de l’authenticité de la parole d’autrui ». Elle a insisté sur le fait que son propos était mal interprété.
« Je n’ai jamais essentialisé nos compatriotes de confession juive »
Philippe Meyer, vice-président du Crif, a également exprimé son désaccord en affirmant qu’« être juif ne rend suspect d’aucune allégeance ». Selon lui, il est moralement inacceptable d’instrumentaliser la confession religieuse à des fins politiques.
Ariel Goldmann, président de la Fondation du Judaïsme français, a critiqué Ségolène Royal en demandant sur X si elle oserait exiger que les musulmans de France prennent position sur des oppressions dans d’autres pays. « Les Juifs ne sont pas et ne seront jamais responsables de l’antisémitisme », a rappelé l’Union des étudiants juifs de France.
La ministre de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a également pris la parole, affirmant qu’« il n’y a pas un seul Français juif responsable de la situation à Gaza ». Elle a mis en garde contre les dangers d’essentialiser un groupe ethnique ou religieux, ce qui peut exacerber l’antisémitisme.
Face à l’escalade de la controverse, Royal a poursuivi sa défense sur X, affirmant que « soutenir et encourager les Israéliens qui se dressent contre le régime du criminel de guerre Netanyahou » est une nécessité, tout en ajoutant qu’elle n’a jamais essentialisé les juifs de France. Sur BFMTV, elle a également mentionné que les discours autour de ce sujet sont souvent déformés.
