Sébastien Lecornu a été nommé Premier ministre de la France le 9 septembre 2025, succédant à François Bayrou après sa démission provoquée par une motion de défiance parlementaire. Cette nomination a eu lieu quelques heures après la démission du gouvernement, illustrant la nécessité d’une rapidité d’action en période de crise politique, rapporte TopTribune.
Le budget en priorité
Contrairement à Michel Barnier, qui avait pris 17 jours pour nommer son gouvernement l’an dernier, Lecornu n’a pas encore annoncé son cabinet, un silence qui interpelle. Alors qu’aucune date n’est fixée pour cette annonce, l’ancien ministre des Armées semble concentré sur la préparation du budget 2026, crucial pour sa survie politique. Erwan Balanant, député du MoDem, souligne que le président de la République a privilégié une nomination rapide pour engager des négociations sur les mesures budgétaires.
Bien que discret depuis son arrivée à Matignon, Lecornu se montre actif dans des consultations avec des responsables de partis, des élus locaux et des syndicats, qu’il rencontrera de nouveau ce mercredi. Selon Prisca Thevenot, députée des Hauts-de-Seine, cette période de silence est essentielle pour établir une méthode de gouvernance innovante, précisant que présenter rapidement un budget prématuré serait contre-productif. Le temps pour la concertation est donc une priorité manifeste.
Ne crisper personne
Selon la Constitution française, il n’y a pas de limite de temps pour former un gouvernement, mais le calendrier s’avère pressant pour le budget 2026. Le projet de loi de finances doit être soumis « au plus tard le premier mardi d’octobre », soit le 7 octobre, et voté avant la fin de l’année. Bien qu’un gouvernement démissionnaire puisse théoriquement poursuivre ses activités législatives, il serait sans précédent qu’un président présente un budget sans ministre des Finances pour le soutenir.
Lecornu ambitionne donc de « bâtir les accords indispensables » avant de finaliser son équipe, selon des sources proches de l’AFP. Il souhaite définir le contenu des négociations avant de s’attarder sur la nomination des membres de son cabinet, là encore peut-être pour ne pas provoquer des tensions inutiles avec l’opposition sur des noms de ministres qui pourraient compliquer des discussions budgétaires déjà difficiles. L’opinion publique semblerait peu préoccupée par cette attente, les électeurs ne faisant pas pression concernant ce cabinet au sein de leurs circonscriptions.
Cette attitude pourrait témoigner d’une certaine accoutumance à un gouvernement démissionnaire, suite au flottement observé durant l’été olympique de 2024. Erwan Balanant s’amuse même à suggérer que la maturité politique de la population pourrait croître face à cette situation. De plus, il reste incertain que les différences entre les gouvernements Barnier et Bayrou soient suffisamment marquées pour susciter un grand intérêt. Le désir de nombreux candidats à entrer dans ce nouveau gouvernement semble également en déclin.