Sébastien Chenu plaide pour des quotas textiles face à la montée de la fast-fashion
Le vice-président du Rassemblement national (RN), Sébastien Chenu, a plaidé pour l’instauration de « quotas textiles » afin de réduire la concurrence de la fast-fashion asiatique, en particulier celle de la plateforme Shein, rapporte TopTribune.
La question de la régulation de la fast-fashion est devenue pressante en France, surtout après l’ouverture d’une boutique Shein dans le centre commercial BHV à Paris. Le 25 novembre 2025, lors de son intervention sur France Inter, Chenu a critiqué une récente taxe de deux euros sur les petits colis en provenance de l’extérieur de l’Europe, arguant que cette mesure pèsera sur les consommateurs. Il a déclaré : « Nous, on est favorables à des quotas textiles. Cela existait jusque dans les années 2000. On est favorables à cela ».
Ces quotas textiles avaient été instaurés en 1974 grâce à l’Accord multifibres, un ensemble d’accords bilatéraux entre une cinquantaine de pays exportateurs et importateurs. L’objectif principal était de protéger la production nationale et d’endiguer l’afflux de produits bon marché, notamment en provenance de Chine.
Cependant, la suppression de ces quotas en 2005 a entraîné un bond considérable des importations chinoises, avec une augmentation de 530 % des importations de pulls en trois mois. Denis Audet, économiste à l’OCDE, a souligné que personne n’avait anticipé l’essor rapide de la Chine comme concurrent sur le marché mondial.
Depuis, les importations de vêtements en provenance de Chine ont continué de croître. Entre 2000 et 2019, les achats français de vêtements, chaussures et textiles chinois ont été multipliés par cinq, atteignant presque 10 milliards d’euros. Une étude du ministère des Finances publiée en 2022 a révélé que le déficit commercial de la France vis-à-vis de la Chine est principalement dû aux importations textiles, qui représentent toujours le premier poste d’importation originaire de ce pays.
La question demeure : la France saura-t-elle mettre en place des mesures efficaces pour protéger son industrie textile tout en garantissant des prix abordables pour les consommateurs ? Ce débat soulève des enjeux cruciaux pour l’avenir du marché de la mode en France.