117 organisations demandent la publication de la Stratégie nationale pour l’alimentation en France
Dans une lettre ouverte publiée le 24 septembre, 117 associations et organisations appellent le Premier ministre Sébastien Lecornu à **publier la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc)**, affirmant que ce texte, promis en juillet 2023, n’a toujours pas été rendu public plus de deux ans après sa prévision, rapporte TopTribune.
Les signataires, dont des voix renommées dans le domaine de la santé et de l’environnement, dénoncent un « véritable déni scientifique » dans la dernière version du document, qui a fuité. Selon eux, les références à la limitation de la consommation de viande ont été supprimées, diminuant ainsi l’efficacité de la stratégie sur la santé publique.
Le retard dans la publication de cette stratégie est par ailleurs attribué à « des mobilisations importantes de certains lobbys industriels », explique Benoît Granier du Réseau Action Climat, signataire de la lettre. Cela inclut des tentatives de la part des lobbys de la charcuterie et de la viande pour éviter l’établissement d’objectifs réduisant la consommation de viande ou restrictions sur la publicité pour des aliments malsains ciblant les enfants.
« Les gouvernements continuent à privilégier les intérêts des lobbys privés au détriment de l’intérêt général et de la santé publique. »
Benoît Granier du Réseau Action Climatà France Inter
Granier ajoute que cette situation est « complètement inacceptable ». Les signataires insistent sur la nécessité d’une trajectoire claire pour réduire la consommation de viande, précisant qu’il est essentiel de diminuer de 30 % les produits d’origine animale d’ici 2050 pour atteindre les engagements climatiques de la France.
Du point de vue de la santé, il est noté que **63 % de la population** dépasse les quantités maximales recommandées pour la charcuterie, et **32 %** pour la viande rouge. Les organisations signalent que la surconsommation de ces produits accroît les risques de maladies non transmissibles telles que l’hypertension et certains cancers.
En plus des organisations habituellement engagées, une trentaine de nouvelles entités, y compris la CFDT Agri-agro et d’autres, ont rejoint le mouvement. Ce désengagement autour de la viande s’ajoute à la décision gouvernementale de ne pas restreindre la publicité pour des produits nocifs ciblant spécifiquement les enfants.
Les signataires rappellent leurs **demandes prioritaires**, parmi lesquelles l’interdiction de la publicité pour les produits trop gras, sucrés et salés destinés aux enfants, l’affichage obligatoire du Nutri-Score, et une planification chiffrée pour la réduction des produits animaux d’ici 2030. Ils réclament également la nomination d’un délégué interministériel responsable de la mise en œuvre de la Snanc.