Rima Hassan placée en garde à vue pour apologie du terrorisme
L’eurodéputée Rima Hassan a été libérée le jeudi 2 avril après avoir été placée en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur un message publié sur le réseau social X fin mars, désormais supprimé. Elle a reçu une convocation pour comparaître devant le tribunal correctionnel le 7 juillet prochain pour des accusations d’apologie de terrorisme, a déclaré le parquet de Paris, rapporte TopTribune.
Mardi matin, Rima Hassan, membre de La France Insoumise et d’origine franco-palestinienne, s’est présentée à la police judiciaire suite à une convocation dans le cadre d’une enquête menée par le pôle national de lutte contre la haine en ligne. Selon le parquet, ce placement en garde à vue a été effectué sans levée de son immunité parlementaire dans le cadre de l’enquête.
La fouille des effets personnels de Hassan a mis à jour des substances, dont du CBD et de la 3MMC, une drogue de synthèse, pour lesquelles elle a été interrogée. Ces éléments seront traités séparément, selon les précisions du parquet.
Le 26 mars, Hassan avait publié un message concernant Kozo Okamoto, un membre de l’Armée rouge japonaise impliqué dans un attentat meurtrier en Israël en 1972. Ce message a engendré une plainte déposée par l’Observatoire juif européen le jour même de sa publication.
Ce n’est pas la première fois que la député est confrontée à des accusations d’apologie du terrorisme. Depuis fin 2023, elle fait l’objet d’une enquête judiciaire suite à des déclarations jugées comme un soutien au Hamas après l’attaque du 7 octobre.
Sur le réseau social X, Jean-Luc Mélenchon a fortement réagi à cette garde à vue, dénonçant ce qu’il appelle une « police politique » et critiquant le fait qu’une procédure soit initiée en raison d’un simple « retweet ». Il a ajouté qu’il n’y a pas d’immunité parlementaire en France et a qualifié la situation d' »insupportable ».
Dans un communiqué, l’entourage de Rima Hassan a contesté la légitimité de son placement en garde à vue, dénonçant de « sérieuses irrégularités ». Ils ont également relaté qu’un contact avait été établi entre la Présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et les autorités françaises pour demander des éclaircissements sur ce qui est perçu comme un contournement des règles d’immunité parlementaire. Interrogé, le Parlement européen a simplement indiqué être « en contact avec les autorités nationales, la députée et son groupe politique », sans fournir de commentaire sur la procédure en cours.