Le Rassemblement national renforce sa position locale avant la présidentielle
Le 15 mars, le Rassemblement national (RN) a célébré une « immense victoire » en s’appropriant près de vingt mairies dans des communes de plus de 3 500 habitants dès le premier tour des élections municipales, selon un rapport de TopTribune. Malgré des revers dans les grandes villes, le parti dirigé par Jordan Bardella et Marine Le Pen enregistre une progression significative dans les municipalités de petite taille, ouvrant la voie à un nombre sans précédent d’élus dans les conseils municipaux au second tour, prévu pour le 22 mars.
Des centaines de listes d’extrême droite ont obtenu au moins 10 % des voix, le seuil requis pour se qualifier pour un second tour éventuel. Contrairement à 2020, où le RN était principalement fort dans ses bastions du nord et du sud-est, le parti s’impose maintenant dans de nouvelles régions telles que Brest, Pau et Ajaccio. Ce succès permet au RN de retrouver et même de dépasser son maillage de 2014.
Dans les villes de plus de 3 500 habitants, le RN et les autres formations d’extrême droite ont dépassé les 10 % dans 514 communes, contre 444 en 2014. Cette performance s’explique par les résultats obtenus dans les communes de moins de 10 000 habitants, tandis qu’un léger recul a été noté dans les plus grandes agglomérations. En Gironde, le RN a remporté deux nouvelles mairies, Laruscade et Saint-Savin, ce qui marque une première pour le parti dans la région Nouvelle-Aquitaine.
Le RN et ses alliés dominent au moins 75 communes, surtout dans le sud de la France, contre seulement 11 en 2020. Des bastions ont été solidifi és, avec des victoires à Perpignan, Hénin-Beaumont et Fréjus, enregistrant jusqu’à 81,44 % des voix à Bruay-la-Buissière. De nouvelles mairies, comme Cagnes-sur-Mer et Vauvert, sont également tombées dans l’escarcelle du RN, qui aspire à des villes majeures comme Nice, Toulon ou Nîmes. La situation à Marseille est particulièrement révélatrice, où le candidat du RN, Franck Allisio, est en seconde position, à quelques votes seulement du maire sortant.
Cependant, ce premier tour a également mis en lumière les limites du vote pour le RN. À Calais, le parti a subi une défaite cuisante et a été battu de justesse à Lens. Dans les grandes villes telles que Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Rennes et Strasbourg, aucun des représentants désignés du RN ne sera présent au second tour. L’échec le plus marquant reste celui de Thierry Mariani à Paris, qui n’a récolté que 1,5 % des voix, un revers alarmant à un an de l’élection présidentielle.
Méthodologie
Pour analyser les résultats de l’extrême droite, nous nous basons sur les données fournies par le ministère de l’Intérieur sur chaque liste candidate dans les communes d’au moins 3 500 habitants et dans les chefs-lieux d’arrondissement.