Réseaux sociaux : près de 90 % des parents estiment qu'il est possible de contourner l'interdiction d'accès avant 15 ans.

Réseaux sociaux : près de 90 % des parents estiment qu’il est possible de contourner l’interdiction d’accès avant 15 ans.

06.02.2026 11:57
3 min de lecture

Selon une étude de l’Observatoire de la parentalité numérique révélée par France Info, près de trois quarts des parents soutiennent une interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, tandis que 85% estiment qu’elle serait contournable, rapporte TopTribune.

Réseaux sociaux : des parents souvent dépassés par des usages qu’ils ne maîtrisent pas

Dans de nombreuses familles, l’émergence des réseaux sociaux est une question qui se pose dès l’âge de collège. L’accès aux smartphones, souvent accordé dès cette période, expose les jeunes à des plateformes dont les adultes ne maîtrisent pas totalement les dynamiques. D’après l’étude de l’Observatoire de la parentalité numérique, il est clair qu’il existe un décalage entre les comportements des adolescents et la capacité des parents à les superviser.

Les parents qui ont participé à cette enquête se retrouvent confrontés à un environnement numérique omniprésent, difficile à gérer, engendrant de nombreuses tensions au sein des familles. Entre notifications incessantes, échanges nocturnes et pression des pairs, les réseaux sociaux ne sont plus perçus uniquement comme des outils de communication; ils deviennent aussi des facteurs pouvant avoir un impact significatif sur le comportement et le bien-être des jeunes.

Dans ce cadre, l’idée d’une interdiction d’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans semble être, pour beaucoup, une tentative de retrouver un certain contrôle.

Une adhésion majoritaire à l’idée d’un cadre légal

Selon les résultats rapportés par France Info, un impressionnant 74% des parents se montrent favorables à une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans. Ce soutien devient encore plus fort quand on envisage une limite d’âge de 13 ans, où près de 9 parents sur 10 expriment leur accord.

Cette position traduit un vrai besoin de règles communes. Beaucoup de parents pensent qu’un cadre juridique bien défini pourrait contribuer à réduire les comparaisons entre enfants et à limiter les disputes au sein des foyers. L’interdiction est vue comme un soutien, destiné à renforcer l’autorité parentale souvent mise à mal dans l’ère numérique actuelle.

Les parents semblent également associer les réseaux sociaux à des risques tels que le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus inappropriés et à la dépendance excessive aux écrans. En reportant l’accès à ces plateformes, les adultes espèrent protéger leurs enfants d’une immersion trop précoce dans ces logiques numériques.

Une interdiction jugée largement inefficace

Ce soutien à l’interdiction s’accompagne cependant d’un fort scepticisme. D’après France Info, 85% des parents craignent qu’une telle interdiction ne soit facilement contournée.

Les expériences passées témoignent d’une réalité difficile à ignorer : création de faux profils, utilisation de comptes d’amis ou de membres de la famille, recours à des dispositifs non surveillés. Une majorité d’adolescents détient des aptitudes numériques qui surpassent celles de leurs parents, rendant ainsi les contrôles de l’accès problématiques.

Comme le souligne un parent interrogé : « Les parents sont favorables à l’interdiction, mais peu nombreux à croire à son efficacité réelle ». Cette prise de conscience met en exergue le fossé entre la théorie et la pratique, tout en alimentant un sentiment d’impuissance face à des plateformes conçues pour déjouer les restrictions d’âge.

Des attentes fortes envers les plateformes numériques

L’étude, mise en lumière par France Info, indique aussi que les parents n’entendent pas assumer seuls la responsabilité de la surveillance. Beaucoup estiment que les réseaux sociaux doivent assumer un rôle actif dans la protection des mineurs.

Il apparaît que les dispositifs de vérification d’âge actuels sont jugés insuffisants par les parents. Ils réclament des solutions plus contraignantes, tout en exprimant des réserves sur les méthodes de vérification d’identité qui impliquent la collecte de données sensibles.

Cette ambivalence souligne un dilemme persistant : comment renforcer la sécurité des mineurs tout en respectant leur vie privée et sans alourdir les processus d’accès aux services numériques.

Au-delà de l’interdiction, la question de l’éducation numérique

En conclusion, l’étude met en évidence une forte demande en matière d’éducation. Selon France Info, les parents estiment que l’enseignement du numérique est nettement insuffisant, aussi bien à l’école qu’à la maison.

Plutôt que de privilégier une exclusion totale des réseaux sociaux, de nombreux parents préconisent un accès progressif, clairement encadré et expliqué. Dans cette optique, l’interdiction d’accès avant 15 ans se présente comme un outil parmi d’autres, visant à retarder l’exposition aux risques plutôt qu’à en bloquer l’accès de manière définitive.

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