Un symbole historique cher à Vladimir Poutine
« Il s’agit là d’une nouvelle manœuvre de Vladimir Poutine, qui ne pouvait espérer meilleur cadre pour se présenter avec l’homme le plus puissant du monde », explique Alexandre Melnik, ancien diplomate soviétique et professeur de géopolitique à l’ICN Business School. Actuellement, cela représente une victoire diplomatique notable pour le président russe.
La symbolique attachée à l’Alaska est forte, cet État ayant été russe jusqu’en 1867, année où il a été vendu aux États-Unis pour 7,2 millions de dollars par le tsar Alexandre II. « N’oublions pas qu’il y a déjà eu des déclarations de responsables du Kremlin rappelant que l’Alaska appartenait à la Russie », ajoute l’expert. Le manque d’implication historique et géopolitique de Trump et de son entourage pourrait les amener à sous-estimer cette dimension.
Des affaires entre voisins
Malgré une séparation de 80 kilomètres par le détroit de Béring, les États-Unis et la Russie sont plus proches qu’il n’y paraît. Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du Kremlin, a d’ailleurs souligné que le choix de l’Alaska était « assez logique » géographiquement. Il a rappelé que l’Alaska et l’Arctique représentent des zones d’intérêts économiques partagés entre les deux nations.
Alexandre Melnik voit dans cette rencontre un nouveau symbole de marchandage. « L’Alaska a été cédé pour une poignée de dollars, illustrant la commercialisation des relations internationales, au détriment des principes de droit. » C’est un véritable marché qui se profile.
Un terrain judiciaire dégagé pour le maître du Kremlin
Le 49e État américain constitue également un atout judiciaire pour Vladimir Poutine, dont la dernière visite aux États-Unis remonte à septembre 2015 au siège de l’ONU à New York, alors qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis en mars 2023 par la Cour pénale internationale.
En se rendant dans un des 125 pays qui reconnaissent cette juridiction, il risque l’arrestation. Cependant, sur le territoire américain, Poutine ne court aucun risque, les États-Unis n’étant pas membres de la CPI, tout comme la Russie et la Chine.