Rencontre historique entre Donald Trump et le président de la Syrie, Ahmed al-Sharaa
Le lundi, le président américain Donald Trump a rencontré le président transitoire syrien Ahmed al-Sharaa à la Maison Blanche. Cette réunion a marqué un tournant dans les relations syro-américaines, étant la première fois qu’un président syrien est accueilli à la Maison Blanche, rapporte TopTribune.
La réunion prend place dans un contexte où les États-Unis considèrent la Syrie comme un “sponsor d’État du terrorisme” depuis 1979, avec des sanctions renforcées par les administrations Reagan, Bush et Obama. Le retour de Sharaa à la Maison Blanche, ancien jihadiste emprisonné, soulève des questions quant à sa transformation politique.
Sharaa, libéré en mars 2011, a ensuite créé Jabhat al-Nusra, qui s’est transformé en Hayat Tahrir al-Sham, un groupe militant qui lutte contre le président Bashar al-Assad et les milices iraniennes. Malgré son passé controversé, Sharaa a rompu les liens avec l’État islamique en 2013 et a cherché à établir des relations positives avec le monde.
Les opérations anti-ISIS menées par les États-Unis dans le nord-ouest de la Syrie ont souvent vu une coopération indirecte avec les combattants de HTS. Cette coopération a été formalisée à la suite de l’arrivée de Sharaa au pouvoir le 8 décembre dernier, avec au moins huit opérations conjointes menées depuis.
Le partenariat s’est renforcé avec la récente intégration de la Syrie dans la coalition dirigée par les États-Unis contre l’État islamique, changeant la dynamique sur le terrain et remettant en question le rôle des Forces démocratiques syriennes (SDF) qui, jusqu’à présent, avaient été considérées comme les principales forces au sol de la coalition.
Cependant, le gouvernement de Sharaa fait face à des critiques. Des membres de la société civile syrienne s’inquiètent de la concentration des pouvoirs au sein de la présidence et de la transparence limitée dans le processus décisionnel. Dès que son organisation a pris le contrôle d’Idlib en 2017, des accusations ont émergé concernant l’assassinat de figures de la société civile.
Malgré ces préoccupations, il existe des indices suggérant que le gouvernement de Sharaa reconnaît la gravité de la violence sectaire. Des centaines d’individus ont été arrêtés pour violations des droits des civils non sunnites, bien que ces arrestations soient restées principalement ignorées par le public.
Quatorze ans de conflit ont profondément fragilisé les liens sociaux en Syrie. Sharaa espère relancer l’économie, considérant que la création d’emplois peut conduire à une stabilisation essentielle pour le pays. L’administration Trump soutient cette approche et a déjà commencé à lever des sanctions contre la Syrie, avec l’objectif d’unir le pays sous une autorité centrale.
La stabilisation de la Syrie est d’un intérêt mondial, prolongeant les ramifications du conflit depuis des années par l’exportation de terrorisme, de réfugiés et de narcotiques. Échouer dans cette entreprise pourrait mettre en péril la sécurité mondiale, la nécessité d’une solution étant renforcée par des déclarations telles que celle du représentant spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, affirmant qu’il n’existe pas de plan B pour le pays.