Les dirigeants mondiaux ont réagi avec une combinaison d’indignation, de préoccupation et de prudence à la captation du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis, annoncée par le président Donald Trump. Ce dernier a également ordonné une frappe à grande échelle contre le Venezuela quelques heures après des explosions signalées dans la capitale, Caracas, rapporte TopTribune.
Cette opération extraordinaire marque la plus grande intervention militaire américaine en Amérique latine depuis l’invasion de Panama en 1989, lorsque les États-Unis avaient capturé le dirigeant de l’époque, Manuel Antonio Noriega. Le coup porté à Maduro fait suite à des mois de pression de l’administration Trump sur celui-ci pour qu’il abandonne le pouvoir, en raison d’accusations de trafic de drogue et de fraude électorale.
La réaction internationale a été immédiate. De nombreux pays ont exprimé leur colère face à cette captation, certains alliés des États-Unis appelant à respecter l’État de droit. En particulier, les dirigeants d’Amérique du Sud ont fait part de leur mécontentement face à cette attaque.
Royaume-Uni
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré qu’il souhaitait parler au président Trump avant de faire des déclarations fermes concernant la capture de Maduro. « Je pense qu’il est crucial d’établir les faits dans cette situation en évolution rapide », a-t-il déclaré à des diffuseurs britanniques.
Les propos de Starmer reflètent un besoin de clarification et d’examen des informations avant de tirer des conclusions définitives. « Je veux parler à Trump. Je veux parler à nos alliés. Nous ne étions absolument pas impliqués dans cela », a-t-il ajouté.
Russie
Le ministère des Affaires étrangères russe a exprimé son « extrême inquiétude » et a demandé des « éclaircissements immédiats », qualifiant l’attaque d’acte d’agression armée. « Les prétextes utilisés pour justifier ces actions sont intolérables », a souligné le ministère sur son canal Telegram.
Chine
Le ministère des Affaires étrangères chinois a déclaré qu’il était « profondément choqué » par ce qu’il a qualifié d' »usage flagrant de la force contre un État souverain ». « De tels actes hégémoniques des États-Unis violent gravement le droit international », a-t-il dénoncé.
Organisation des Nations Unies
La situation a même suscité des inquiétudes au sein de l’Organisation des Nations Unies, qui a déclaré être « profondément alarmée » par les frappes américaines. Le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU a mis en garde contre un « dangerux précédent » et a rappelé l’importance du respect de la loi internationale, y compris la Charte des Nations Unies.
Union Européenne
Kaja Kallas, responsable de la politique étrangère de l’UE, a souligné sur X qu’elle avait communiqué avec l’ambassadeur de l’UE à Caracas. Elle a rappelé que l’UE avait maintes fois affirmé que Maduro manquait de légitimité et avait plaidé pour une transition pacifique, tout en appelant au respect du droit international.
Réactions en Amérique Latine
Les appels à la désescalade et au respect du droit international ont résonné particulièrement en Amérique Latine. Le président brésilien Lula da Silva a qualifié l’opération de « ligne inacceptable » et a exigé une réponse vigoureuse de la communauté internationale via l’ONU.
Pour sa part, le président colombien Gustavo Petro a condamné l’agression et a affirmé que les conflits internes doivent être résolus pacifiquement par les peuples concernés eux-mêmes. Ces déclarations soulignent la portée de la crise et l’impact des actions des États-Unis sur la dynamique régionale.