Le 25 février 2026, Rachida Dati a annoncé son départ du ministère de la Culture, mettant un terme à un mandat tumultueux marqué par des conflits sociaux persistants, notamment au Louvre, mais sans avoir réussi à résoudre la crise actuelle, rapporte TopTribune.
Un bilan controversé
Depuis son arrivée en janvier 2024, Dati a tenté de redonner de la visibilité à un ministère souvent en retrait, tout en faisant face à des critiques concernant son efficacité. Elle se distingue comme l’une des rares survivantes des remaniements ministériels, malgré des accusations de corruption qui l’attendent devant la justice cet automne.
« Chacun sait que j’aime me battre », avait-elle déclaré à son entrée en fonction. Malgré les restrictions budgétaires, elle a affirmé avoir limité les dégâts dans un secteur culturel déjà fragilisé, bien que les crédits de son ministère affichent une chute de 173,4 millions d’euros sur un budget de 3,7 milliards d’euros (hors audiovisuel) cette année.
Alexis Fritche, secrétaire général de la CFDT Culture, a reconnu ses efforts, mais a qualifié son bilan de « mitigé ». Le secteur du spectacle vivant, touché par les coupes, s’inquiète des conséquences sur l’emploi, évoquant un risque de « chômage massif » en 2026.
Le projet de réforme de l’audiovisuel en péril
Rachida Dati a fait de la réforme de l’audiovisuel public sa priorité, préconisant une fusion de France Télévisions, Radio France et l’INA pour rivaliser avec les plateformes numériques. Cependant, ce projet, déjà affecté par la dissolution gouvernementale de 2024, se heurte à une instabilité politique persistante.
Ce texte a été soumis à des débats tumultueux au Sénat au cours de l’été 2025, mais le gouvernement n’a pas prévu de l’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée, laissant le projet dans une impasse. Alexandre Portier, président LR de la commission culture, a affirmé que « s’il y a un échec en la matière, c’est celui de l’Assemblée » et a défendu Dati pour son refus du statu quo.
Crises au Louvre
Le 19 octobre 2025, une attaque au musée du Louvre a exacerbé les tensions. Dati a qualifié l’incident de « braquage » au cours duquel huit bijoux de la Couronne française ont été dérobés, provoquant une onde de choc mondiale. Elle a lancé une enquête administrative et ordonné des mesures d’urgence sans cependant mettre fin aux grèves qui frappent le musée.
Malgré ses interventions, Dati a été critiquée pour ne pas avoir pris des décisions plus fermes concernant la présidente du musée, Laurence des Cars, dont la démission a été acceptée seulement après une pression accrue.
Sa gestion des crises au Louvre et son incapacité à réformer la gouvernance du musée laissent un héritage complexe à son successeur, qui héritera d’un dossier toujours en suspens. Avec AFP.