Rachida Dati accuse Emmanuel Grégoire d'avoir "fait disparaître 150 000 logements" à Paris

Rachida Dati accuse Emmanuel Grégoire d’avoir « fait disparaître 150 000 logements » à Paris

05.02.2026 06:16
2 min de lecture

La crise du logement à Paris atteint un point critique avant les élections municipales

La crise du logement à Paris s’aggrave, devenant un enjeu central de la campagne des élections municipales. Rachida Dati, candidate à la mairie, a accusé Emmanuel Grégoire, adjoint à l’urbanisme, d’avoir fait disparaître plus de 150 000 logements du parc locatif privé parisien entre 2020 et 2024. Selon Dati, la capitale serait passée de 510 000 à moins de 350 000 logements privés durant cette période, rapporte TopTribune.

Cependant, cette affirmation est contestable. En effet, la décision de supprimer des logements privés n’est pas survenue sous Grégoire, mais s’étale sur plus de trente ans. D’après les données de l’Insee, Paris comptait 514 228 logements non meublés en 1990, soit bien avant le début du mandat de Grégoire. La baisse accessible durant les dernières décennies met en exergue une tendance à long terme, amorcée bien avant l’arrivée du Parti socialiste (PS) en 2001.

La diminution des logements privés en location a été significative sous plusieurs mandats, y compris ceux de Jacques Chirac et Jean Tiberi, qui ont précédé l’ère socialiste. De 1982 à 1999, le parc locatif a perdu en moyenne 3 943 logements non meublés par an. Plus récemment, le recensement de 2022 a révélé que le parc locatif était tombé à 346 000 logements, une perte de 78 000 logements sous la gouvernance d’Anne Hidalgo. Cela représente une moyenne de 7 094 locations de moins par an.

Rachida Dati a également pointé du doigt certaines contraintes imposées par la mairie socialiste, dont l’encadrement des loyers introduit en 2019. Elle argue que cette mesure a été adoptée sans étude d’impact adéquate. Cependant, les évaluations indépendantes, comme le rapport de l’Apur, montrent qu’aucune baisse durable des annonces locatives ne serait directement liée à cet encadrement.

Parallèlement, la candidate LR a évoqué l’augmentation de la taxe foncière de 62,7% votée par le Conseil de Paris en 2023 comme un sujet d’inquiétude. Cependant, les spécialistes soulignent que cette taxe reste relativement faible comparativement à d’autres régions de France, et elle ne devrait pas inciter les propriétaires à retirer leurs biens du marché locatif.

En outre, Dati a cité le plan local d’urbanisme (PLU) comme un facteur de dissuasion pour les propriétaires souhaitant louer leurs biens. La liste des emplacements réservés pour logements limite les possibilités d’installation pour des projets immobiliers. Les affirmations de Dati concernant le PLU ont été qualifiées de « sans fondement » par l’entourage de Grégoire, qui rappelle qu’il ne conduit pas forcément à une vente à la Ville.

Des experts, comme Isabelle Kabla-Langlois de l’Insee, notent que la transition vers des locations meublées touristiques a contribué à la réduction du parc locatif non meublé. En l’espace de 15 ans, le nombre de logements meublés a doublé, ce qui ne permet pas de garantir une installation stable pour les locataires. Les propriétaires choisissent de plus en plus ce type de location pour des revenus plus élevés, en particulier sur des plateformes telles qu’Airbnb.

Enfin, l’étude de l’Apur révèle une augmentation des résidences secondaires à Paris, atteignant 137 000 en 2022. Cette tendance, couplée à la hausse des meublés touristiques, génère un paradoxe où malgré la croissance du nombre total de logements, ceux occupés à l’année diminuent. De plus, des inquiétudes émergent concernant la loi climat et résilience de 2021, qui pourrait conduire à l’interdiction de 567 000 logements à Paris, exacerbant la crise du logement déjà présente.

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