Pyrénées : 90 % des ours descendent de deux femelles et un mâle, alerte sur la consanguinité

Pyrénées : 90 % des ours descendent de deux femelles et un mâle, alerte sur la consanguinité

26.03.2026 14:27
2 min de lecture

Augmentation inquiétante de la consanguinité des ours dans les Pyrénées

Le nombre d’ours dans les Pyrénées continue d’augmenter, mais leur consanguinité soulève des préoccupations majeures. L’absence de nouveaux lâchers pourrait compromettre la viabilité future de cette population, selon l’Office français de la biodiversité (OFB), rapporte TopTribune.

Le bilan annuel de l’OFB, publié récemment, révèle un « minimum de 108 individus différents » en 2025 dans les Pyrénées. Toutefois, l’office a souligné une « augmentation de la consanguinité » au cours des dernières années, empêchant l’élargissement de la diversité génétique au sein de cette espèce emblématique. Cela a été un sujet d’alerte pour l’OFB dès le printemps 2025.

En 2024, le nombre d’ours avait été estimé à 107 (une révision à la hausse par rapport aux 96 précédemment estimés). Cette évaluation a été établie en combinant plusieurs méthodes, notamment l’analyse génétique des poils et des crottes. Le taux de croissance annuel moyen de la population depuis 2006 a été estimé à +11,53 % pour l’ensemble de la chaîne montagneuse, avec au moins six portées totalisant huit oursons recensées l’an dernier.

La réintroduction des ours bruns, originaire de Slovénie, a débuté dans les années 1990, lorsque l’espèce était en danger et que la population était réduite à quelques spécimens. Malgré quelques inquiétudes concernant un léger recul de la surface occupée ces deux dernières années, la présence des ours suscite des tensions avec les éleveurs de bovins et de moutons, particulièrement pendant l’été, lorsque le bétail pâture en altitude.

Appels à l’action face à la consanguinité

Les ONG défendant le sort des ours dans les Pyrénées s’inquiètent du silence persistant des pouvoirs publics concernant d’éventuels nouveaux lâchers d’ours. Le cabinet de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé qu’aucun nouveau lâcher n’était prévu pour le moment, attendant les résultats d’une étude approfondie commandée par l’État d’ici la fin de l’année.

Parallèlement, l’association Pays de l’Ours-Adet a sollicité une expertise indépendante, concluant que, malgré une croissance numérique notable, la population actuelle est génétiquement vulnérable, en raison de son origine provenant d’une poignée de fondateurs slovènes et de l’extinction récente des derniers ours d’origine pyrénéenne.

« 90 % des ours présents dans les Pyrénées descendent de seulement deux femelles et un mâle », indique l’association. Son président, Alain Reynes, souligne l’urgence d’agir : « Si on attend trop, la consanguinité deviendra incontrôlable. Plus on attend, plus il faudra lâcher d’ours pour la corriger. » Les conséquences négatives de la consanguinité sont déjà mesurables, affectant la taille des portées et diminuant la fertilité ainsi que la survie des oursons.

Des résultats préliminaires de l’étude gouvernementale montrent que la consanguinité a un effet délétère sur les premiers stades de vie des ours, impactant la taille des portées et augmentant les risques pour la survie des oursons issus de mères consanguines. Ce constat, partagé par l’OFB, met en lumière l’urgence de trouver des solutions à ce problème croissant.

En dépit de l’augmentation de la population d’ours, le nombre de conflits avec l’élevage semble se stabiliser, voire reculer. Selon le bilan de l’OFB, 289 attaques d’ours sur le bétail et 2 sur les ruchers ont été enregistrées en 2025, contre 310 et 14 respectivement en 2024. Ce phénomène indique une évolution complexe des interactions entre l’ours et les activités humaines dans la région.

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