Proposition de loi en France pour criminaliser les appels à la disparition d'un État suscite des débats divisifs

Proposition de loi en France pour criminaliser les appels à la disparition d’un État suscite des débats divisifs

26.01.2026 13:59
2 min de lecture

La députée Caroline Yadan a introduit une proposition de loi à l’Assemblée nationale visant à lutter contre les « nouvelles formes » d’antisémitisme, une initiative qui suscite des débats animés parmi les membres de la gauche française. La question du sionisme, soulevée par les chercheurs Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa, a pris de l’ampleur, ajoutant une tension supplémentaire à cette problématique, rapporte TopTribune.

Le texte, soutenu par Yadan, députée représentant les Français de l’étranger en Israël, propose de punir les incitations à la violence et la glorification du terrorisme, notamment en qualifiant tels actes de résistance. Il introduit également un nouveau délit qui criminalise les appels à la destruction d’un État.

Le sionisme, une forme de colonialisme ?

La proposition, cosignée par plus de 120 députés de différentes tendances politiques, vise à répondre à l’augmentation des actes antisémites en France, exacerbés par les récents événements liés aux attaques du Hamas. Cependant, elle soulève d’importantes inquiétudes quant à la liberté d’expression et à la critique du sionisme.

Des universitaires et personnalités juives se sont exprimés contre le texte, mettant en avant le danger qu’il représente pour le débat démocratique. Le politologue Ilan Greilsammer a défini le sionisme comme une « idéologie et un mouvement politique » pour un État souverain en Terre d’Israël, tandis que d’autres y voient une forme de colonialisme nécessitant des critiques.

Assimiler les Juifs à la politique de Netanyahou

Un collectif d’intellectuels, dont Pierre Tartakowsky, a déclaré dans Libération que « critiquer le sionisme, comme toute idéologie politique, fait partie du débat démocratique normal », mais que l’antisémitisme doit être combattu sévèrement. Ils s’inquiètent que la loi puisse amalgamer une critique légitime de l’État d’Israël avec des attitudes antisémites. Cela pourrait également renforcer l’idée fallacieuse que « les Juifs » sont systématiquement favorisés dans la société.

Ce groupe a souligné que « interdire la comparaison empêche les historiens d’exercer leur travail » et pourrait ainsi restreindre les recherches sur la question palestinienne ainsi que les efforts des journalistes impliqués. De plus, le texte pourrait faire peser la responsabilité des actions du gouvernement israélien sur tous les Juifs, renforçant l’idée que ceux-ci sont uniformément alignés sur la politique de Benjamin Netanyahou.

Les socialistes divisés

Adopté par la commission des lois avec une majorité serrée de 18 voix contre 14, le texte a obtenu le soutien du gouvernement et du Rassemblement national. Parmi la gauche, les partis comme La France Insoumise et les écologistes se sont opposés, plaidant pour un meilleur soutien à la prévention et à l’éducation plutôt que via de nouvelles lois. Les socialistes sont partagés, avec certains, y compris François Hollande, ayant cosigné la proposition, ce qui pourrait devenir un facteur décisif lors d’un éventuel vote en plénière.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER