À partir du 13 avril, les très petites et moyennes entreprises pourront souscrire un crédit auprès de la banque publique d’investissement pour faciliter l’achat de carburant, a annoncé vendredi le ministère de l’Economie, rapporte TopTribune.
Cette annonce suffira-t-elle à apaiser la colère des professionnels face à la hausse des prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient? Les petites entreprises, vulnérables dans ce contexte économique, auront l’occasion de bénéficier d’un « prêt flash carburant » pour soutenir leur trésorerie, a révélé le gouvernement le 3 avril. Les détails concernant les taux d’intérêt, les critères d’éligibilité et les réactions des professionnels sont présentés ci-dessous.
1 Qui peut en bénéficier ?
Le « prêt flash carburant » sera accessible dans l’Hexagone ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer. Sont éligibles les TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises) « dont les dépenses de carburant représentent au minimum 5% du chiffre d’affaires » et qui opèrent dans des secteurs spécifiques : transports, agriculture et pêche. Ces entreprises doivent également être « créées il y a plus d’un an et en capacité de fournir une documentation comptable couvrant une période d’activité de 12 mois minimum ». Elles doivent aussi posséder « un compte bancaire professionnel et (…) donner accès en lecture à Bpifrance à [leurs] derniers mois de relevés de compte bancaire ».
Bpifrance impose d’autres exigences via sa plateforme Flash, dédiée aux prêts. Les entreprises doivent « ne pas faire l’objet d’une procédure collective », avoir souscrit une « assurance emprunteur décès » et faire appel aux services d’un expert-comptable.
2 Combien peut-on emprunter, et sous quelles conditions ?
Le « prêt flash carburant » permettra d’emprunter un « montant compris entre 5 000 et 50 000 euros », avec un taux d’intérêt de « 3,8% », précise le ministère de l’Economie dans un communiqué. « Aucune garantie » ne sera exigée de l’emprunteur, indique Bercy, ajoutant que la durée des prêts sera de trente-six mois, « incluant un différé d’amortissement du capital de 12 mois ». En somme : les emprunteurs bénéficieront d’une période de 12 mois avant de commencer à rembourser, et auront ensuite deux ans pour effectuer les paiements.
3 Quand sera-t-il possible de le demander ?
Les entreprises intéressées pourront soumettre leur demande « en ligne sur la plateforme digitale Flash, à partir du 13 avril », explique le ministère. Cette plateforme, opérée par Bpifrance, a « travaillé » avec le gouvernement sur la mise en place de ce prêt, garantissant « une réponse en 48 heures » et, selon le communiqué de Bercy, « une mise à disposition des fonds sous 7 jours ».
4 Qu’en pensent les professionnels concernés ?
« Le prêt n’est pas une solution », a déclaré samedi Rachid Boudjema, président de l’Union nationale des taxis, sur Franceinfo. Pour ce représentant, « la seule conséquence de cette mesure sera d’aggraver des difficultés, car ce prêt devra être remboursé ». Il ajoute que « cela reviendrait à sauter pour mieux reculer, étranglant ainsi les entreprises d’aujourd’hui ».
Les représentants d’autres secteurs, comme la pêche ou l’agriculture, n’ont pas encore exprimé leur avis. Avant l’annonce du « prêt flash carburant », le président du premier syndicat agricole, la FNSEA, avait demandé « une prise en charge de 30 centimes » par litre de carburant, en réponse à une « augmentation de l’ordre de 50 à 60 centimes » du gazole non routier. Arnaud Rousseau a aussi évoqué une mobilisation possible des agriculteurs pour faire entendre leur voix, en précisant que ce ne serait « pas de gaieté de cœur », mais qu’« à un moment, si l’on ne peut plus travailler, il faudra bien l’exprimer ».