Pourquoi les indemnités des maires fraîchement élus augmentent-elles dès le premier conseil municipal ?

Pourquoi les indemnités des maires fraîchement élus augmentent-elles dès le premier conseil municipal ?

02.04.2026 11:58
2 min de lecture

L’argent en premier. Plusieurs villes ont vu l’indemnité de leur maire, fraîchement élu ou réélu, augmenter dès le premier conseil municipal. À Bordeaux, le nouvel édile, Thomas Cazenave (Renaissance), va toucher une indemnité mensuelle de 4.081,75 euros bruts, soit 14 % de plus que son prédécesseur, Pierre Hurmic. Cette décision a suscité des critiques, notamment d’un membre de l’opposition bordelaise, qui a déclaré : « Premier conseil municipal sous l’ère macroniste à Bordeaux. Thomas Cazenave augmente son indemnité et baisse les moyens alloués à l’opposition », rapporte TopTribune.

Dans une dynamique similaire, Vincent Bouget (PCF), le maire de Nîmes, a également été soumis aux critiques de l’opposition. Dans une publication sur Facebook, il a été écrit : « Première décision des Cocos ! Augmentation des indemnités de fonction des élus ! ». Ces augmentations de salaire suscitent des interrogations sur leurs motivations réelles.

FAKE OFF

Avant de revenir sur les augmentations, il est essentiel de comprendre que la fixation de l’indemnité d’un membre du conseil municipal est généralement l’une des premières décisions prises lors d’un mandat. Conformément au Code général des collectivités territoriales (CGCT), « lorsque le conseil municipal est renouvelé, les indemnités de ses membres doivent être fixées par délibération […] dans les trois mois suivant [son] installation ».

Le montant de l’indemnité d’un élu est plafonné en fonction de la population de la commune. Plus la commune est peuplée, plus le montant maximum de l’indemnité est élevé, avec huit strates de population. À noter que le plafond des indemnités pour les maires des communes de moins de 20.000 habitants a été revalorisé en décembre dernier.

Habituellement, le maire perçoit le montant de ce plafond, qui peut être majoré en fonction de divers critères. Par exemple, les maires dans les communes chefs-lieux de département peuvent bénéficier d’une majoration de 25 %. D’autres majorations existent également pour les chefs-lieux d’arrondissement, anciens chefs-lieux de canton ou les communes classées « stations de tourisme ».

Un indice revalorisé plusieurs fois

Maintenant que les bases sont posées, revenons à l’indemnité du maire, qui est calculée en pourcentage de l’indice brut de la fonction publique (indice 1027). Des augmentations d’indice entraînent des augmentations d’indemnités. Depuis 2020, cet indice a été revalorisé à plusieurs reprises, notamment le 1er juillet 2022 et au 1er janvier 2024. Actuellement, cet indice s’élève à 4.110 euros bruts. À titre de comparaison, en 2020, l’indice était de 3.889,40 euros bruts pour l’ancien maire de Bordeaux, Pierre Hurmic.

Ce chiffre explique, en partie, pourquoi l’indemnité de Thomas Cazenave a augmenté. Par ailleurs, comme le stipule le CGCT, le maire peut choisir de percevoir moins que le plafond autorisé.

Le cas des majorations

Concernant les indemnités de Thomas Cazenave et de Pierre Hurmic, on remarque que les deux élus ont bénéficié des mêmes majorations : une première pour la qualité de Bordeaux en tant que chef-lieu de département (25 %) et une seconde étant donné que la ville est une station touristique (25 % également).

Vincent Bouget de Nîmes observera également une augmentation, touchant 5.958,20 euros bruts par mois. La mairie de Nîmes a expliqué que les indemnités votées récemment sont « exactement les mêmes qu’en 2020, à l’exception qu’elles s’appuient sur l’évolution » du point d’indice de la fonction publique.

En ce qui concerne la majoration des chefs-lieux de département, le nouveau maire a justifié cette décision lors du conseil municipal. « C’est une délibération qui a été préparée avant notre élection », a-t-il précisé.

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