Pourquoi la décision de Tomio Okamura ne remet pas en cause la solidarité tchèque avec l’Ukraine
Pourquoi la décision de Tomio Okamura ne remet pas en cause la solidarité tchèque avec l’Ukraine

Pourquoi la décision de Tomio Okamura ne remet pas en cause la solidarité tchèque avec l’Ukraine

07.11.2025 17:30
2 min de lecture

Un geste symbolique à la portée populiste

Le nouveau président de la Chambre des députés tchèque, Tomio Okamura, a entamé son mandat par un acte controversé : il a ordonné le retrait du drapeau ukrainien de la façade du Parlement à Prague. Le drapeau y flottait depuis février 2022 en signe de solidarité avec l’Ukraine. Dans une vidéo publiée sur X, Okamura a commenté son geste par les mots : « La République tchèque d’abord ». Ce geste, typiquement populiste, illustre la stratégie d’Okamura et de son parti d’extrême droite Liberté et Démocratie directe (SPD), connus pour leur rhétorique nationaliste et anti-européenne.

Un parcours politique entaché de scandales

Tomio Okamura est une figure controversée de la politique tchèque, souvent associée à des scandales financiers, des accusations de discours de haine et des affaires judiciaires évitées grâce à son immunité parlementaire.
En 2025, la police tchèque a ouvert une enquête pour incitation à la haine à son encontre et contre son parti, liée à une campagne électorale discriminatoire. Par le passé, Okamura a également été impliqué dans plusieurs affaires de financement opaque, de déclarations financières incomplètes et de propos discriminatoires visant notamment la communauté rom et la mémoire de la Shoah.
Le parti SPD qu’il dirige s’oppose fermement à l’immigration, au multiculturalisme et à l’intégration européenne. En 2024, le Centre international de lutte contre le terrorisme (ICCT) à La Haye a encore souligné dans un rapport que le SPD utilisait de manière systématique des discours xénophobes et anti-occidentaux.

Une manœuvre politique sans impact sur la société tchèque

La décision d’Okamura de retirer le drapeau ukrainien n’est pas un tournant politique pour la République tchèque, mais plutôt une manœuvre symbolique destinée à son électorat populiste. Les sondages récents montrent que la majorité des Tchèques soutiennent toujours l’Ukraine : une enquête réalisée pour la télévision publique tchèque en février 2025 indiquait que 77 % des citoyens approuvent l’aide humanitaire à Kyiv, tandis que 44 % souhaitent explicitement la victoire ukrainienne.
Ainsi, malgré les provocations d’Okamura, la société tchèque reste largement solidaire de l’Ukraine, et son geste risque davantage d’isoler politiquement son parti qu’inverser la position pro-ukrainienne dominante dans le pays.

La solidarité parlementaire perdure

Après le retrait du drapeau, plusieurs députés ont suspendu des drapeaux ukrainiens aux fenêtres de leurs bureauxdans le même bâtiment, affirmant que le symbole de solidarité demeurerait présent au Parlement, même s’il ne figure plus sur sa façade. Ce geste collectif souligne que le soutien de la République tchèque à l’Ukraine reste ferme. L’acte d’Okamura, loin de marquer une rupture, relance le débat interne sur les valeurs européennes et la responsabilité morale de la Tchéquie face à la guerre d’agression russe.

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