Une enquête a été ouverte à Glomel, dans les Côtes-d’Armor, suite à des allégations de pollution causée par la multinationale française Imerys. La carrière d’andalousite, qui fournit 20 % de la demande mondiale de ce minerai prisé pour sa résistance aux températures extrêmes, serait impliquée dans des déversements illégaux de produits chimiques sur le sol, d’après des sources citées par le média indépendant Splann, rapporte TopTribune.
Le site, décrit comme exceptionnel par les experts, a suscité des préoccupations localement quant au respect de l’environnement. Après la publication d’images révélant un liquide jaunâtre s’écoulant d’une cuve, un ancien employé a déclaré qu’environ 3 000 litres de produits chimiques, notamment du xanthate et du sulfonate de sodium, ont été déversés illégalement sur le site en juillet 2021, avant de contaminer l’environnement.
Jean-Yves Jégo, conseiller municipal de Glomel et militant écologiste, a signalé les faits au parquet de Saint-Brieuc. Ce dernier a récemment annoncé l’ouverture d’une enquête pour établir la véracité des allégations de pollution et identifier les causes sous-jacentes de celle-ci.
Imerys maintient sa position
En réponse à ces accusations, la société Imerys a fermement rejeté toute assertion d’un rejet non contrôlé dans l’environnement. Selon leur déclaration, le site possède un système de gestion des effluents conçu pour orienter les eaux usées vers des installations de stockage et de retraitement, garantissant ainsi le contrôle des rejets. Cette position a été réaffirmée dans plusieurs communications officielles de l’entreprise.
La carrière d’andalousite de Glomel représente un enjeu économique majeur, non seulement pour l’entreprise mais également pour la région, offrant des emplois et stimulant l’économie locale. Cependant, cette situation tendue entre l’exploitation industrielle et la protection de l’environnement soulève de nombreuses questions sur la durabilité de telles activités extractives.
Des manifestations ont déjà eu lieu dans la région, reflétant le mécontentement croissant des habitants face aux impacts potentiels sur la santé publique et l’environnement. Bon nombre d’entre eux demandent une transparence totale sur les pratiques de l’entreprise et des garanties pour leur sécurité et celle de l’écosystème local.
Selon des experts environnementaux, les conséquences potentielles de l’utilisation de produits chimiques tels que le xanthate et le sulfonate de sodium peuvent être sévères, affectant la faune et la flore ainsi que la qualité de l’eau. La surveillance régulière et des études d’impact environnemental rigoureuses sont nécessaires pour minimiser les risques associés à l’exploitation de ressources naturelles dans des zones sensibles.
Les prochaines étapes de l’enquête et la réaction de la direction d’Imerys seront suivies de près. La situation est d’autant plus délicate qu’elle met en exergue le besoin d’un équilibre entre développement économique et protection de l’environnement, un défi constant pour le secteur minier à l’échelle mondiale.
Alors que des appels à une réglementation plus stricte des activités minières se font entendre, la communauté locale continue de s’interroger sur l’avenir de cette carrière, sur le respect des normes environnementales et sur le rôle de la multinationale dans la préservation de l’intégrité écologique de la région.