Les patrons en désaccord avec le climat fiscal : un appel à la révolte ?
C’est officiel : les dirigeants d’entreprise expriment leur colère sans réserve. Ils s’insurgent dans les journaux, sur les plateaux de télévision et lors de débats. Ils dénoncent le climat fiscal qui pèse sur eux. Mais, est-ce une bonne nouvelle ? On peut se réjouir de leur départ potentiel ! Qu’ils prennent leur envol vers des cieux fiscaux plus cléments, car nous avons des fonctionnaires, véritables piliers de la République, qui assureront la pérennité de la France pendant que les entrepreneurs choisissent l’égoïsme à l’étranger. En outre, si leur départ s’avère être une réalité, cela prouve simplement qu’ils n’étaient pas de véritables citoyens, confirmant ainsi notre position vertueuse, rapporte TopTribune.
Après tout, quelle est la réelle valeur de ces patrons ? Sont-ils utiles pour la création d’emplois, la prise de risques, le versement de salaires ou encore la génération de valeur ? Franchement, ces concepts semblent appartenir à une époque révolue. Aujourd’hui, l’idéal est de redistribuer, plutôt que de produire. Les partisans des Insoumis soutiennent que les dirigeants sont naturellement néfastes, car ils s’approprient la valeur ajoutée des travailleurs. Ils exploitent, siphonnent et volent, et leur départ ne constitue pas une perte, mais une forme de purification. Pour ceux qui choisissent de partir, aucune miséricorde ; il serait inutile d’instaurer un impôt posthume, nous saisirons leurs biens sans hésitation ! Villas, comptes en banque, yachts et souvenirs de vacances : tout y passera. Finalement, la solidarité nationale doit commencer par la confiscation. Toutefois, une autre option se présente : un impôt international. Oui, une taxation mondiale applicable à tous les ressortissants français, peu importe où ils se cachent. Ces citoyens doivent être redevables à vie envers leur pays. D’autres nations, comme les États-Unis avec leur fiscalité extraterritoriale, ou même la défunte RDA qui considérait tout départ comme une trahison, ont déjà adopté des mesures similaires. Là-bas, quitter le pays sans autorisation était impensable : il s’agissait d’une appartenance totale à l’État. Nous pourrions très bien revenir à cela, en utilisant des outils d’administration numérique. Chaque individu a coûté des ressources à la République, et il est donc juste qu’il reste engagé financièrement, tant qu’il en a la possibilité.
En ce qui concerne l’impôt sur la fortune, il est impératif que les riches paient pour leurs péchés. Le RN, LFI et le MoDem, unis par leur penchant pour la fiscalité, s’accordent à dire qu’il est nécessaire de taxer les plus fortunés. Les premières parce qu’elles croient satisfaire leur électorat, peu importe les conséquences économiques. Les secondes, parce qu’elles perçoivent les entrepreneurs comme des voleurs de valeur ajoutée. Quant aux troisièmes, ils se contentent de préconiser des mesures morales bien timides, ne s’engageant ni à gauche ni à droite, mais optant pour un entre-deux bureaucratique. Ce trio cherche à établir un impôt dont le symbole est plus important que son rendement financier. Il n’est pas question de calculer les recettes, mais de mesurer la douleur infligée à ces nantis. L’administration fiscale n’est donc plus simplement un outil budgétaire, mais devient un instrument de purification nationale. La fiscalité se présente comme cathartique : “Tu gagnes, donc tu nous dois.”
Et que se passe-t-il si l’économie s’effondre ? Si les investissements fuient ? Si les emplois s’évaporent ? Peu importe. Nous établirons un Haut-Comité de la Résilience Morale. Des colloques, des débats, des hashtags sur “la croissance éthique sans croissance” fleuriront. Des rapports seront publiés pour démontrer que la pauvreté partagée incarne la justice. Et si la situation se détériore, la BCE imprimera ce bonheur collectif tant attendu ; tout ce qu’il faudra, c’est y croire. Alors oui, patrons, partez ! Allez innover ailleurs et laissez-nous nous retrouver entre nous, apaisés, débarrassés de votre arrogance créative. Votre absence laissera derrière elle une France purifiée : sans croissance, mais riche en principes, sans entreprises, mais regorgeant de fonctionnaires, sans profits, mais pleine de morale. Plus de riches, plus d’inégalités. Un monde équitable où chacun est dans la pauvreté.
Et lorsque le dernier patron aura disparu, nous goûterons enfin à la paix des consciences : des usines transformées en maisons de débat citoyen, des bureaux en ateliers de pensée collective, et des dividendes en poussière administrative. Tout sera pur, tout sera égal, tout sera homogène. Vive la révolution fiscale et bonne chance pour produire des yaourts sans la présence de capitalistes.