Orban cherche à renforcer la présidence avant des élections décisives
Orban cherche à renforcer la présidence avant des élections décisives

Orban cherche à renforcer la présidence avant des élections décisives

05.12.2025 12:15
6 min de lecture

Le 4 décembre 2025, les députés du parti au pouvoir Fidesz ont présenté au Parlement hongrois une réforme destinée à compliquer l’une des procédures permettant de déclarer le président de la République inapte à exercer ses fonctions. Cette initiative, révélée par Bloomberg, intervient alors que les projections indiquent que Fidesz pourrait perdre sa majorité lors des élections législatives d’avril 2026. En cas de défaite, le parti conserverait toutefois un allié majeur au sommet de l’État : Tamás Sulyok, élu en mars 2024 pour un mandat de cinq ans grâce au soutien déterminant du premier ministre Viktor Orban.

La réforme prévoit de retirer au Parlement le pouvoir de déclarer le président inapte, au profit de la Cour constitutionnelle. Les élus de Fidesz avancent qu’il s’agit d’éviter des décisions « potentiellement erronées », susceptibles de créer des blocages institutionnels. Mais cette modification apparaît comme une sécurisation politique anticipée, au moment où la perspective d’un passage du parti au pouvoir dans l’opposition n’est plus théorique.

Fidesz sécurise ses positions institutionnelles avant un scrutin défavorable

Dans un contexte où la campagne pour les élections de 2026 a débuté dès le printemps 2025, les sondages montrent un recul du soutien électoral à Fidesz après quinze années de domination ininterrompue. La principale formation d’opposition, Tisza, dirigée par Péter Magyar, bénéficie d’une dynamique qui pourrait remettre en cause la suprématie du clan Orban. Face à cette perspective, le gouvernement multiplie les initiatives permettant de conserver des leviers d’influence au-delà d’une éventuelle défaite parlementaire.

Le rôle du président pourrait devenir déterminant dans un environnement politique instable. Tamás Sulyok, ancien membre de la Cour constitutionnelle, dispose notamment du pouvoir de renvoyer des lois nouvellement adoptées pour réexamen ou de saisir la Cour pour en vérifier la conformité. Ces prérogatives deviendraient particulièrement utiles pour Fidesz si l’opposition contrôlait la majorité parlementaire.

Le renforcement institutionnel ne s’arrête pas à la présidence. Depuis le début de l’année 2025, Orban a également consolidé son influence au sein de la Cour constitutionnelle. Celle-ci est désormais présidée par Péter Polt, ancien procureur général et fidèle allié, nommé pour douze ans grâce aux voix de Fidesz. Cette configuration réduit les risques d’un contrepoids institutionnel indépendant.

Mesures économiques préélectorales et pari politique d’Orban

Selon Bloomberg, Viktor Orban a annoncé une hausse de 11 % du salaire minimum pour 2026, à l’issue d’un accord conclu avec les employeurs et les syndicats. Cette annonce intervient sur fond de stagnation économique : après une contraction du PIB au premier trimestre et une inertie persistante au troisième, la reprise anticipée par le gouvernement pour 2025 ne s’est pas matérialisée. La hausse, inférieure aux 13 % initialement envisagés, reflète les marges financières limitées d’un exécutif confronté à un ralentissement durable.

Cette politique de stimulation par la consommation s’inscrit dans la continuité des dernières années, durant lesquelles le gouvernement a régulièrement augmenté salaires et pensions pour maintenir le pouvoir d’achat. Orban espère qu’un revenu minimum plus élevé encouragera les ménages à dépenser davantage, dynamisant ainsi l’économie à court terme.

Dans le même temps, le gouvernement mise sur d’autres mesures budgétaires pour réduire l’écart avec Tisza. L’élargissement des allègements fiscaux pour les mères et l’introduction d’un nouveau programme de subvention des prêts immobiliers destinés aux primo-accédants ont permis à Fidesz de regagner partiellement du terrain, selon les dernières enquêtes d’opinion relayées par European Pravda.

Une stratégie combinant verrouillage institutionnel et offensive sociale

Alors que les élections approchent, le pouvoir déploie une double stratégie : consolider ses positions dans les institutions clés tout en multipliant les mesures sociales destinées à séduire les électeurs indécis. L’initiative visant à transférer à la Cour constitutionnelle la procédure de déclaration d’incapacité présidentielle apparaît ainsi comme un élément essentiel d’un dispositif plus large visant à maintenir l’influence d’Orban, même dans l’hypothèse d’une perte de majorité parlementaire.

La combinaison de réformes institutionnelles et d’annonces économiques souligne la volonté du gouvernement de conditionner le paysage politique hongrois pour l’après-2026. Fidesz cherche à préserver sa capacité de peser sur les orientations de l’État, quelle que soit l’issue du scrutin, tout en tentant d’endiguer l’ascension d’une opposition désormais crédible.

Orban cherche à renforcer la présidence avant des élections décisives

Le 4 décembre 2025, les députés du parti au pouvoir Fidesz ont présenté au Parlement hongrois une réforme destinée à compliquer l’une des procédures permettant de déclarer le président de la République inapte à exercer ses fonctions. Cette initiative, révélée par Bloomberg, intervient alors que les projections indiquent que Fidesz pourrait perdre sa majorité lors des élections législatives d’avril 2026. En cas de défaite, le parti conserverait toutefois un allié majeur au sommet de l’État : Tamás Sulyok, élu en mars 2024 pour un mandat de cinq ans grâce au soutien déterminant du premier ministre Viktor Orban.

La réforme prévoit de retirer au Parlement le pouvoir de déclarer le président inapte, au profit de la Cour constitutionnelle. Les élus de Fidesz avancent qu’il s’agit d’éviter des décisions « potentiellement erronées », susceptibles de créer des blocages institutionnels. Mais cette modification apparaît comme une sécurisation politique anticipée, au moment où la perspective d’un passage du parti au pouvoir dans l’opposition n’est plus théorique.

Fidesz sécurise ses positions institutionnelles avant un scrutin défavorable

Dans un contexte où la campagne pour les élections de 2026 a débuté dès le printemps 2025, les sondages montrent un recul du soutien électoral à Fidesz après quinze années de domination ininterrompue. La principale formation d’opposition, Tisza, dirigée par Péter Magyar, bénéficie d’une dynamique qui pourrait remettre en cause la suprématie du clan Orban. Face à cette perspective, le gouvernement multiplie les initiatives permettant de conserver des leviers d’influence au-delà d’une éventuelle défaite parlementaire.

Le rôle du président pourrait devenir déterminant dans un environnement politique instable. Tamás Sulyok, ancien membre de la Cour constitutionnelle, dispose notamment du pouvoir de renvoyer des lois nouvellement adoptées pour réexamen ou de saisir la Cour pour en vérifier la conformité. Ces prérogatives deviendraient particulièrement utiles pour Fidesz si l’opposition contrôlait la majorité parlementaire.

Le renforcement institutionnel ne s’arrête pas à la présidence. Depuis le début de l’année 2025, Orban a également consolidé son influence au sein de la Cour constitutionnelle. Celle-ci est désormais présidée par Péter Polt, ancien procureur général et fidèle allié, nommé pour douze ans grâce aux voix de Fidesz. Cette configuration réduit les risques d’un contrepoids institutionnel indépendant.

Mesures économiques préélectorales et pari politique d’Orban

Selon Bloomberg, Viktor Orban a annoncé une hausse de 11 % du salaire minimum pour 2026, à l’issue d’un accord conclu avec les employeurs et les syndicats. Cette annonce intervient sur fond de stagnation économique : après une contraction du PIB au premier trimestre et une inertie persistante au troisième, la reprise anticipée par le gouvernement pour 2025 ne s’est pas matérialisée. La hausse, inférieure aux 13 % initialement envisagés, reflète les marges financières limitées d’un exécutif confronté à un ralentissement durable.

Cette politique de stimulation par la consommation s’inscrit dans la continuité des dernières années, durant lesquelles le gouvernement a régulièrement augmenté salaires et pensions pour maintenir le pouvoir d’achat. Orban espère qu’un revenu minimum plus élevé encouragera les ménages à dépenser davantage, dynamisant ainsi l’économie à court terme.

Dans le même temps, le gouvernement mise sur d’autres mesures budgétaires pour réduire l’écart avec Tisza. L’élargissement des allègements fiscaux pour les mères et l’introduction d’un nouveau programme de subvention des prêts immobiliers destinés aux primo-accédants ont permis à Fidesz de regagner partiellement du terrain, selon les dernières enquêtes d’opinion relayées par European Pravda.

Une stratégie combinant verrouillage institutionnel et offensive sociale

Alors que les élections approchent, le pouvoir déploie une double stratégie : consolider ses positions dans les institutions clés tout en multipliant les mesures sociales destinées à séduire les électeurs indécis. L’initiative visant à transférer à la Cour constitutionnelle la procédure de déclaration d’incapacité présidentielle apparaît ainsi comme un élément essentiel d’un dispositif plus large visant à maintenir l’influence d’Orban, même dans l’hypothèse d’une perte de majorité parlementaire.

La combinaison de réformes institutionnelles et d’annonces économiques souligne la volonté du gouvernement de conditionner le paysage politique hongrois pour l’après-2026. Fidesz cherche à préserver sa capacité de peser sur les orientations de l’État, quelle que soit l’issue du scrutin, tout en tentant d’endiguer l’ascension d’une opposition désormais crédible.

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