Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a déclaré ce dimanche qu’il n’était « pas juste » de classer La France insoumise (LFI) à l’« extrême gauche », critiquant ceux qui cherchent à minimiser la menace de l’extrême droite en chargeant la gauche radicale, rapporte TopTribune.
Cette déclaration intervient après qu’une circulaire du ministère de l’Intérieur ait classé LFI parmi les partis d’extrême gauche pour les élections municipales de mars. Olivier Faure a exprimé ses réserves lors de l’émission « Dimanche en politique » sur France 3, affirmant : « Je ne sais pas si c’est un problème, y compris pour LFI, mais je ne trouve pas ça juste. »
Un parti « qui s’inscrit dans un parcours électoral »
Faure a poursuivi en arguant que « le Conseil d’Etat a déjà tranché cette question et LFI est un parti de la gauche radicale. C’est un parti qui s’inscrit dans un parcours […] électoral, démocratique, et on ne peut pas les classer à l’extrême gauche ». Il a également ajouté qu’il ne pense pas que ce classement changera significativement le résultat des élections.
La circulaire en question classe LFI aux côtés de partis comme Lutte ouvrière et le Nouveau Parti anticapitaliste. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a noté que « l’extrême gauche en France se revendique comme telle » et considère les élections comme une tribune, contrairement à LFI. Un recours devant le Conseil d’Etat est actuellement à l’étude.
L’Intérieur « assume » sa décision
Cette question revêt une importance particulière pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui rechigne à être étiqueté de la sorte, car il estime que cela le compare aux extrêmes de droite, notamment le Rassemblement national, qui se défend également du terme « extrême droite ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé jeudi soir assumer « totalement » cette décision en insinuant que chez LFI, il y a un refus de la discussion parlementaire et des appels fréquents à la censure.
Faure a conclu : « Certains cherchent à dédiaboliser l’extrême droite, transmettre le mistigri à la gauche radicale », dénonçant une volonté de réintégrer l’extrême droite dans l’arc républicain tout en excluant la gauche radicale.