Olivier Assayas évoque la genèse de son film « Le Mage du Kremlin » et ses enjeux contemporains

Olivier Assayas évoque la genèse de son film « Le Mage du Kremlin » et ses enjeux contemporains

19.01.2026 20:07
2 min de lecture

Le Mage du Kremlin : Une fresque politique à l’ère de Poutine et des enjeux contemporains

Le 21 janvier 2026, le film tant attendu d’Olivier Assayas, basé sur le roman de Giuliano da Empoli, franchit le pas des écrans. Ce long-métrage se présente comme une exploration profonde des trois décennies d’histoire russe, de la chute de l’URSS à l’ascension de Vladimir Poutine, tout en s’inscrivant dans le contexte politique actuel, rapporte TopTribune.

Le film, intitulé Le Mage du Kremlin, met en scène Paul Dano dans le rôle de Vadim Baranov, un personnage inspiré d’un conseiller réel de Poutine. Jude Law incarne Poutine, tandis qu’Alicia Vikander joue Ksenia, une figure féminine essentielle au récit. Le film se veut à la fois un portrait intime et une analyse des mécanismes de pouvoir au sein du Kremlin.

Olivier Assayas a su faire de ce projet une œuvre d’envergure, intégrant des éléments de fiction tout en se basant sur le livre de da Empoli, qui offre une réflexion sur les transformations géopolitiques contemporaines, au-delà des frontières russes. « Ce récit se passe en Russie, mais ce que j’aime dans le texte, c’est sa capacité à soulever des questions universelles sur notre monde actuel », a déclaré le réalisateur.

Assayas évoque le challenge de adapter un livre essentiellement dialogué et statique à un format cinématographique dynamique. « J’ai dû inventer des transformations pour que le récit fonctionne à l’écran. Le développement du personnage de Ksenia a été décisif », ajoute-t-il. L’interaction entre Baranov et Poutine et les implications morales de cette relation sont centrales, chaque personnage révélant des facettes de l’autre.

Une des innovations majeures du film est l’équilibre entre fiction et réalité. La production a choisi d’opter pour des acteurs anglo-saxons afin d’assurer une portée internationale. « Le film a nécessité des têtes d’affiche en anglais pour se garantir un certain financement », a précisé Assayas. La Lettonie a été sélectionnée comme lieu de tournage, offrant des décors appropriés au récit.

Concernant le traitement de Poutine, Assayas a préféré choisir un acteur exceptionnel qui pourrait transmettre l’essence du personnage au-delà de la simple ressemblance physique. « Les atrocités dont Vladimir Poutine est coupable depuis l’invasion de l’Ukraine sont complètement dans la continuité de ce qu’il a fait avant. Et c’est d’une certaine manière ce que montre le film », a-t-il affirmé, soulignant la continuité des actions de Poutine dans le récit historique.

En parallèle, le film aborde des questions de responsabilité et de représentation. Assayas met en garde contre les implications juridiques possibles de l’œuvre, mentionnant que certains personnages réels pourraient chercher à contester leur représentation dans le film. « Je ne pense pas que Poutine nous fera un procès, mais il y a un certain nombre de personnages réels qui peuvent vouloir aller en justice se plaindre de la manière dont ils sont représentés », a-t-il déclaré.

Avec une durée de 2 heures et 25 minutes, Le Mage du Kremlin promet d’être une fresque politique captivante, alliant une dimension artistique à une profonde réflexion sur la société contemporaine. Le récit s’efforce de porter un éclairage nouveau sur des événements récents qui façonnent le monde actuel, en encourageant une compréhension plus large des mutations politiques et sociales.

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