Le président de la Chambre des députés tchèque, Tomio Okamura, s’est de nouveau prononcé contre les livraisons d’armes à l’Ukraine dans un message publié à l’occasion du Nouvel An sur les réseaux sociaux. Il a affirmé que la République tchèque ne devait pas envoyer d’armements pour soutenir ce qu’il a qualifié de « guerre absolument insensée », estimant que les ressources publiques devaient prioritairement être consacrées aux retraités, aux personnes en situation de handicap et aux familles avec enfants. Ses déclarations ont été rapportées par Radio Prague International.
Une ligne politique assumée au sein de la coalition gouvernementale
Dans son intervention, Okamura a également critiqué l’utilisation des fonds publics pour l’aide militaire à Kyiv, affirmant que l’argent des contribuables tchèques ne devait pas servir à l’achat d’armes pour un autre pays. Il a présenté cette position comme relevant d’un choix pragmatique, orienté vers les intérêts des citoyens et des entreprises tchèques, et a assuré que la coalition ANO, SPD et le parti des « Automobilistes » entendait poursuivre cette ligne politique. Cette rhétorique s’inscrit dans une stratégie de mobilisation de l’électorat sur fond d’incertitudes économiques.
Critiques de l’Occident et mise à distance de la politique européenne
Tomio Okamura a exprimé l’espoir d’un règlement pacifique du conflit, tout en appelant la République tchèque à se distancier de la politique de l’Europe occidentale visant à accroître les dépenses militaires et à soutenir l’Ukraine. Il a dénoncé l’aide militaire occidentale comme étant principalement bénéfique aux entreprises de défense, réaffirmant son opposition à toute poursuite des livraisons d’armes à Kyiv. Cette position reflète de longue date son euroscepticisme et son hostilité à l’OTAN et aux sanctions contre Moscou.
Une initiative stratégique sous pression politique
La controverse intervient alors que l’initiative tchèque de fourniture de munitions à l’Ukraine, l’une des plus importantes en Europe, fait l’objet de débats internes. Fin 2025, des tensions étaient déjà apparues au sein de la coalition après des déclarations contradictoires sur la poursuite du programme, conduisant à confier l’expression officielle de la politique étrangère au Premier ministre Andrej Babiš. Celui-ci a annoncé que le Conseil de sécurité nationale devait examiner le 7 janvier 2026 l’avenir de cette initiative, officiellement pour en évaluer la transparence et l’efficacité, dans un contexte où son issue est suivie de près par les alliés européens de Prague.