Obésité : une problématique sous-estimée en France
Une étude réalisée par OpinionWay pour le laboratoire Lilly révèle que 40 % des Français continuent d’associer l’obésité à un manque de volonté, bien que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) la reconnaisse comme une maladie chronique. « C’est une pathologie multifactorielle, avec des facteurs génétiques, biologiques, hormonaux, métaboliques, psychologiques et environnementaux. Elle est multidimensionnelle », souligne Hanane Guillard, directrice générale de la Ligue nationale contre l’obésité et diététicienne nutritionniste au CHU de Montpellier, rapporte TopTribune.
Malgré cette reconnaissance, la stigmatisation demeure profonde. « C’est essentiel de sensibiliser le grand public sur ce point. Une personne en situation d’obésité est quasiment automatiquement jugée. On pense qu’elle ne fait pas assez d’efforts. Or c’est une maladie », insiste Hanane Guillard. Un changement de perception est nécessaire pour réduire la culpabilité des patients et faciliter l’accès aux soins. « La considérer comme une simple question de volonté empêche une prise en charge adaptée », ajoute-t-elle.
Une prise en charge précoce pour prévenir les complications
Intervenir rapidement est crucial pour éviter ou retarder de nombreuses complications, souvent irréversibles. L’obésité est liée à :
- des maladies métaboliques, comme le diabète de type 2 ;
- des pathologies cardiovasculaires (hypertension, infarctus, AVC) ;
- des troubles respiratoires, notamment le syndrome d’apnée du sommeil ;
- des douleurs articulaires et une perte de mobilité ;
- certains cancers ;
- ainsi qu’un impact psychologique significatif.
« Il y a 19 pathologies associées à l’obésité », souligne Hanane Guillard. L’alerte est d’autant plus préoccupante que certaines complications apparaissent de plus en plus tôt. « Nous observons désormais des adolescents développer un diabète de type 2, pathologie qui survenait historiquement plutôt après 45 ou 50 ans. Cette évolution constitue un signal d’alerte majeur et souligne l’existence d’une véritable urgence sanitaire. Plus la prise en charge est précoce, plus nous réduisons le risque de complications métaboliques et cardiovasculaires à long terme », prévient-elle.
Une prise en charge globale et pluridisciplinaire
L’obésité nécessite un parcours de soins structuré, personnalisé et évolutif. « Quand on a une pathologie multifactorielle, on doit avoir une prise en charge multidimensionnelle et donc pluridisciplinaire », explique la spécialiste.
Ce parcours peut inclure un suivi médical régulier, un accompagnement nutritionnel, un soutien psychologique, ainsi qu’une activité physique adaptée. Selon les situations, des traitements médicamenteux ou une chirurgie bariatrique peuvent également être envisagés. « Les traitements médicamenteux ou la chirurgie doivent intégrer un protocole global, un accompagnement, avec notamment des mesures hygiéno-diététiques et de l’activité physique adaptée à la condition du patient », souligne Hanane Guillard. Cette approche coordonnée est essentielle non seulement pour favoriser la perte de poids, mais aussi pour réduire les risques de rechute et de complications à long terme.