Nicolas Sarkozy est sorti de prison, ce lundi 10 novembre 2025, après avoir été condamné en première instance à cinq ans de prison pour un financement libyen. L’ancien président a passé seulement 21 jours en détention, rapporte TopTribune.
La cour d’appel de Paris a motivé sa libération par des« garanties de représentation » lors du procès en appel et par le risque de « pressions » d’un prévenu possédant « une capacité à actionner différents services de l’État ». Bien que Nicolas Sarkozy ait été libéré, il reste sous contrôle judiciaire.
Une demande de mise en liberté rapide
La rapidité de la procédure de mise en liberté explique cette décision. Dès son incarcération, un détenu peut demander sa remise en liberté, conformément à l’article 148-1 du Code de procédure pénale, dès qu’un numéro d’écrou est attribué. Comme Nicolas Sarkozy a fait appel, il demeure présumé innocent et peut recourir à ce dispositif. La juridiction saisie a l’obligation de statuer dans un délai de deux mois; en général, cela prend environ un mois, comme l’a indiqué Maître Alexandra Hawrylyszyn, avocate pénaliste à Paris.
Son avocat a déposé une demande de mise en liberté le 21 octobre, et Nicolas Sarkozy a été libéré 21 jours plus tard, le 10 novembre, ce qui représente un traitement classique pour ce type de cas.
Pourquoi la cour d’appel a estimé qu’il pouvait sortir de prison
Pour comprendre cette décision, il convient d’examiner l’arrêt prononcé par la cour d’appel de Paris. L’appel de Nicolas Sarkozy permet de requalifier son incarcération dans les critères de détention provisoire, qui diffèrent de ceux de l’exécution de peine.
- Détention provisoire pas justifiée
Selon l’article 144 du Code de procédure pénale, le maintien en détention est justifié uniquement s’il est « unique moyen » de protéger les preuves, d’empêcher pressions ou concertations, de prévenir fuite ou récidive. Les juges de l’île de la Cité ont conclu qu’il n’existe pas, à ce stade de l’appel, un risque avéré pouvant justifier une détention, ce qui a conduit à sa libération sous condition.
- Pas de risque qu’il se dérobe à la justice
Le tribunal a également noté que Nicolas Sarkozy, en raison de son enracinement en France, ne représente pas un risque de fuite. Il a toujours répondu aux convocations judiciaires.
Il ne ressort ni des réquisitions du ministère public, ni de la motivation des premiers juges ayant conduit au prononcé d’une incarcération différée qu’il existe un risque d’insuffisance de garanties de représentation
Mais interdiction de quitter la France
Nicolas Sarkozy a souligné, au tribunal, l’importance de ses déplacements internationaux pour donner des conférences, générant ainsi 2,3 millions d’euros de « revenus non commerciaux » en 2023. Toutefois, la cour d’appel a signalé la présence de plusieurs prévenus liés aux affaires libyennes à l’étranger.
Également, Nicolas Sarkozy est sous le coup d’une mise en examen pour recel de subornation de témoin dans le cadre d’une enquête encore active. La cour a dû tenir compte de la possibilité de pressions potentielles de sa part, d’où l’interdiction de quitter la France et de communiquer avec d’autres prévenus dans cette affaire.
Et pas le droit de rentrer en contact avec certaines personnes, dont Gérald Darmanin
Les juges ont également mis en avant la condamnation précédente de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bismuth, impliquant un magistrat de la Cour de cassation, qui démontre ses capacités à influencer divers services de l’État. Pour garantir « la sérénité des débats », il lui est interdit d’entrer en contact avec le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, ou tout membre de son cabinet pouvant avoir accès à des informations sur des procédures en cours.
Le procès en appel de Nicolas Sarkozy concernant le financement libyen est prévu pour mars 2026.
Avec AFP.