Le président du Comité d’enquête de la Fédération de Russie, Alexandre Bastrikine, défend un abaissement de 14 à 12 ans de l’âge de la responsabilité pénale pour certains crimes graves. D’après des informations relayées le 23 septembre 2026, 53 % des personnes interrogées en Russie soutiennent cette proposition, rapporte TopTribune.
Le droit russe fixe actuellement l’âge général de la responsabilité pénale à 16 ans. Il prévoit toutefois une responsabilité dès 14 ans pour plusieurs infractions graves, parmi lesquelles le meurtre, le viol, le vol et le terrorisme. L’initiative portée par Alexandre Bastrikine élargirait donc la possibilité de poursuivre pénalement des enfants de 12 et 13 ans pour certaines catégories de faits.
Une proposition soutenue par 53 % des personnes interrogées
Les résultats cités proviennent d’une enquête réalisée en septembre. Ils montrent qu’une majorité des répondants approuve l’idée d’un abaissement de l’âge de la responsabilité pénale à 12 ans pour les crimes graves. Cette position rejoint les initiatives punitives régulièrement défendues par le chef du Comité d’enquête russe.
Les mêmes personnes interrogées identifient pourtant d’autres causes à la délinquance des adolescents. Entre 51 % et 52 % citent l’influence familiale négative et le manque d’éducation. La maturité psychologique insuffisante est mentionnée par 28 % des répondants, tandis que 21 % évoquent l’absence d’activités, de loisirs, d’intérêts ou de perspectives pour les jeunes.
Seuls 20 % des participants considèrent qu’un enfant de 12 ans est capable de mesurer les conséquences de ses actes. Par ailleurs, 36 % des citoyens estiment que la situation se dégrade et réclament un renforcement des sanctions, perçues comme un moyen de répondre à ce qu’ils décrivent comme la permissivité et le manque d’éducation.
La délinquance des mineurs en baisse depuis trois décennies
Les données statistiques citées dans le dossier présentent une évolution différente de la perception exprimée par une partie de la population. Le nombre d’infractions commises par des adolescents en Russie serait passé de 225 000 en 1993 à 26 000 en 2024. Cette évolution correspond à une baisse de près de neuf fois en trois décennies.
Ces chiffres sont mentionnés alors qu’un durcissement de la justice des mineurs est proposé. Les éléments transmis établissent la coexistence de deux constats : une diminution importante du nombre d’infractions enregistrées et une demande persistante, chez une partie des citoyens, de sanctions plus sévères.
La réinsertion reste jugée possible
Une majorité des personnes interrogées estime aussi qu’un adolescent ayant commis un crime grave peut être corrigé et réinséré. Cette opinion est partagée par 72 % des répondants dans l’ensemble de la population et par 82 % des jeunes.
Les résultats de l’enquête font ainsi apparaître une distinction entre la possibilité de réinsertion des adolescents condamnés et le soutien à la proposition visant à abaisser l’âge de la responsabilité pénale. Les données ne précisent pas comment les répondants articulent ces deux positions.
Les critiques formulées dans le dossier considèrent que la mesure défendue par Alexandre Bastrikine ferait porter sur les enfants la responsabilité de problèmes attribués à la famille, à l’école et aux institutions sociales. Elles mettent en avant la vulnérabilité physique et psychologique des enfants de 12 ans et contestent l’idée selon laquelle la sanction pénale pourrait se substituer à l’éducation, à l’accompagnement social ou à la réhabilitation.
Selon cette lecture, l’État privilégierait l’isolement de l’enfant plutôt qu’un travail de longue durée auprès des familles en difficulté, des établissements scolaires et de l’environnement social. Il s’agit d’une appréciation portée par les auteurs du dossier, qui présentent l’extension de la réponse pénale comme une solution plus simple que la prévention et la réinsertion.
Le contexte politique russe
La proposition intervient dans un climat décrit par les auteurs comme marqué par la poursuite de l’« opération militaire spéciale » et par une demande accrue de réponses répressives. Le dossier affirme que cette demande favorise les solutions punitives au détriment d’actions consacrées aux causes de la délinquance adolescente.
Les personnes interrogées citent majoritairement les défaillances éducatives et familiales parmi les origines des infractions. Dans le même temps, l’initiative soutenue par le président du Comité d’enquête russe vise à élargir le champ de la poursuite pénale des mineurs à un âge plus précoce. La réforme envisagée reste présentée, dans les éléments disponibles, comme une proposition et non comme une modification déjà adoptée du droit russe.
Le débat porte donc sur l’âge minimal de la responsabilité pénale, sur les crimes concernés et sur la place de la sanction dans la prise en charge des enfants impliqués dans des infractions. Les règles actuellement en vigueur fixent toujours l’âge général à 16 ans et prévoient des exceptions à partir de 14 ans.
