Les élections municipales de 2026 approchent à grands pas à Rennes, avec 130.000 électeurs appelés à voter ce dimanche pour le premier tour. Un total de onze listes se présentent, dont cinq sont dirigées par des femmes. La maire socialiste sortante Nathalie Appéré, en lice pour un troisième mandat, devra défendre sa position face à la députée La France insoumise, Marie Mesmeur, et à Charles Compagnon, leader de l’opposition, qui espère bénéficier de son travail de terrain. La possibilité d’une entrée du Rassemblement national (RN) au conseil municipal est également sur la table, rapporte TopTribune.
Nathalie Appéré en quête de maintien de sa position
Nathalie Appéré a obtenu 35 % des voix en 2014 et 32 % en 2020. Cette année, elle a réussi à s’allier avec les Écologistes dès le premier tour, un atout considérable. Romain Pasquier, politologue, indique qu’il serait prématuré de dire que l’élection est déjà acquise pour la maire sortante. Toutefois, il la considère comme la grande favorite : « Elle ne me paraît pas en difficulté sur cette campagne », souligne-t-il. Les les sondages, malgré leur controverses, lui attribuent un score de 42 %.
Cependant, la maire fait face à des critiques liées aux problèmes de sécurité dans certains quartiers touchés par le narcotrafic, ce qui pourrait influencer l’électorat en quête d’une politique plus sécuritaire. Néanmoins, son socle de soutien à gauche, fort depuis l’élection d’Edmond Hervé en 1977, pourrait lui permettre de conserver sa position.
Marie Mesmeur, une candidate à surveiller
Marie Mesmeur représente une liste particulièrement jeune, dont l’âge moyen est juste supérieur à 35 ans. Élargissant son influence, elle est en lice cette année pour renforcer la présence de La France insoumise au conseil municipal. Romain Pasquier estime qu’elle a de bonnes chances de se maintenir au second tour, surtout après avoir déjà bénéficié du soutien des jeunes électeurs lors des dernières élections présidentielles où Jean-Luc Mélenchon s’était largement imposé.
« Je pense qu’ils seront au second tour. Et je pense qu’ils se maintiendront, sachant que Nathalie Appéré a fermé la porte d’une alliance », analyse-t-il. La liste de LFI pourrait également recueillir des voix supplémentaires de l’extrême gauche, maximisant ainsi ses chances de succès.
L’opposition de droite face à des défis internes
Charles Compagnon a su se maintenir en tant que leader de l’opposition au cours des six dernières années, mais la désunion au sein de la droite pourrait nuire à ses ambitions. Le politologue Romain Pasquier souligne la nécessité pour la droite de présenter un front uni pour espérer faire contrepoids à la gauche dominatrice. « L’erreur fondamentale de la droite est de partir divisée », conclut-il.
Compagnon pourrait bénéficier d’une triangulaire contre Appéré et Mesmeur, à condition que le RN ne soit pas en mesure de dépasser le seuil critique de 10 %.
Les perspectives pour le Rassemblement national
Le RN, représenté par Julien Masson, cherche maitriser un environnement difficile avec un faible historique à Rennes. Le parti d’extrême droite pourrait, cependant, tirer profit d’un sentiment croissant d’insécurité au sein des électeurs. Masson, fort d’une figure charismatique comme l’ancien directeur de la police locale, espère faire progresser son score de 4 % de 2020.
Romain Pasquier estime que si le RN parvient à atteindre entre 8 et 12 % des suffrages, c’est alors qu’une quadrangulaire pourrait se dessiner, potentiellement favorable à la maire sortante, Nathalie Appéré.
La compétition entre les autres listes
Parmi les autres listes en compétition, six sont à gauche et une seule à droite avec Thomas Rousseau représentant Les Républicains. En parallèle, la diversité de candidatures à l’extrême gauche pourrait intéresser un électorat en quête d’alternatives, avec des listes comme « Rennes commune » et du NPA. Ces élections s’inscrivent dans un climat politique tendu et riche en enjeux, témoignant de la vitalité de la démocratie locale à Rennes.