Municipales 2026 : Près de 60% des maires prêts à se représenter malgré un mandat difficile
Malgré les défis rencontrés depuis le début de leur mandat en 2020, près de six maires sur dix envisagent de se représenter en 2026, selon une enquête conduite par l’Association des maires de France (AMF) et le Cevipof de Sciences Po, publiée le 14 novembre 2025. L’étude révèle que « le volontarisme a souvent pris le pas sur la résignation », indiquant que « l’envie d’agir reste puissante malgré la fatigue », rapporte TopTribune.
Martial Foucault, professeur à Sciences Po et co-auteur de l’étude, souligne une hausse significative du nombre de maires désireux de poursuivre leur travail, avec une augmentation de près de 10 points par rapport aux années précédentes. « Lorsque vient le temps de l’élection, ils se remobilisent », constate-t-il, tout en affirmant qu’il n’existe « pas de crise des vocations », même si certains peuvent avoir des difficultés à continuer.
En octobre 2019, seulement 49% des maires exprimaient le souhait de se représenter. Ce chiffre a grimpé à 58%, malgré un mandat marqué par la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, et de fortes tensions inflationnistes, ainsi qu’une instabilité politique notable. Cependant, le rythme des démissions de maires, dépassant les 400 par an, reste alarmant.
Parallèlement, l’étude indique que le nombre de conseillers municipaux démissionnant tourne autour de 1,6 par commune, totalisant environ 57 000 départs depuis 2020. Martial Foucault juge ce chiffre « peu élevé », malgré un absentéisme régulier de conseillers dans 60% des communes consultées.
Les désaccords au sein des conseils municipaux constituent le principal facteur de crise, fragilisant la cohésion des équipes municipales. Un tiers des maires signalent une « opposition structurée », dont 58% estiment qu’elle a un impact négatif sur leur travail. La perception d’un climat pacifique au sein du conseil influence également la volonté de se représenter : 62% des élus dans des environnements « très pacifiques » envisagent de se représenter, contre seulement 46% dans des conseils « agressifs ». Cependant, seulement 8% des maires rapportent des séances « agressives ».
Les raisons pour lesquelles certains maires choisissent de ne pas se représenter incluent principalement le besoin de retrouver du temps pour leur vie personnelle (79%). L’âge joue également un rôle significatif : 73% des moins de 35 ans veulent continuer, contre 30% des plus de 75 ans. Ceux qui se disent satisfaits de leur vie personnelle tendent également à s’engager davantage, tandis que les maires des petites communes semblent plus enclins à abandonner leurs fonctions.
En cas de réduction des recettes, les maires envisageraient de réduire d’abord les budgets alloués aux routes et aux espaces verts, avant de couper dans les aides aux associations et les dépenses culturelles, alors que les Français opteraient plutôt pour sacrifier le sport et les aides culturelles.
L’accès aux soins se dessine comme une thématique prééminente pour la campagne à venir, tandis que les enjeux liés aux personnes âgées sont perçus comme trois fois plus importants dans les très petites communes par rapport aux communes de taille moyenne.
Concernant la santé financière de leurs municipalités, près de 90% des maires la jugent « saine », soit une amélioration de plus de 10 points par rapport à 2022, marquée par la crise énergétique. « Les maires ont tendance à s’auto-congratuler à la veille de l’élection. Les indicateurs sont au rouge en milieu de mandat, et au vert en fin de mandat », observe Martial Foucault.
Depuis 2020, les violences contre les élus ont d’abord augmenté avant de se stabiliser légèrement. Selon l’étude, 65% des maires ont déjà été victimes d’incivilités, un chiffre en hausse de 12 points par rapport à 2020. 36% d’entre eux ont subi des injures et insultes (+7 points) ou ont été attaqués ou menacés (28%) sur les réseaux sociaux (+8 points), tandis que 8% rapportent avoir subi des agressions physiques (+3 points).