L’âge n’est qu’un chiffre pour ces maires octogénaires qui persistent à maintenir leur écharpe. Laurent Cathala, 80 ans, maire de Créteil, et André Laignel, 83 ans, maire d’Issoudun, tous deux socialistes, s’apprêtent à solliciter un neuvième mandat, ayant dirigé leur ville depuis 1977, tandis qu’André Santini (UDI), 85 ans, règne sur Issy-les-Moulineaux depuis 1980. Jacques Kossowski (LR), également âgé de 85 ans, est maire de Courbevoie depuis 1995, et Patrick Ollier (LR), 81 ans, gouverne Rueil-Malmaison depuis 2004, rapporte TopTribune.
Tous ces candidats affirment un profond attachement à leur commune. « C’est l’amour de ma ville qui est au cœur de ma démarche », déclare André Laignel, tandis que Patrick Ollier évoque sa « passion totale ». Laurent Cathala, qui pilote une ville-préfecture de plus de 90 000 habitants, résume : « Quand on aime, on ne compte pas ».
Malgré leur âge, ces octogénaires affirment être en pleine forme. André Laignel se dit en « excellente santé ». Patrick Ollier assure qu’il ne se représenterait pas s’il avait des doutes sur son état physique, bien qu’il ait annoncé qu’il passerait le relais à un adjoint en cours de mandat, tout comme Jacques Kossowski. André Santini, récemment hospitalisé après une chute, a rassuré ses concitoyens : « J’ai dû prendre soin de ma santé, mais aujourd’hui, je suis prêt ».
Une opposition qui appelle au changement
Après des décennies en fonction, ces maires mettent en avant la continuité nécessaire dans un « monde incertain ». Cependant, leurs opposants estiment que les événements récents, notamment la pandémie de Covid-19, nécessitent un changement. Aurélie Taquillain, candidate de droite à Courbevoie, souligne : « La Covid a tout bouleversé ».
Les adversaires de Patrick Ollier insistent sur la nécessité de renouveau à Rueil (plus de 80 000 habitants), selon Leslie Theil-Vérin (PS), candidate sur la liste d’union de gauche et écologiste. Dans l’Indre, Julien Dubot, candidat sans étiquette, plaide pour « une nécessité absolue de renouveau démocratique ».
Bilan favorable pour les anciens ténors
Cependant, dans des communes où ces maires ont été largement réélus en 2020, certains commentaires de l’opposition sont bienveillants. À Issy, Cécile Soubelet reconnait qu’André Santini « a su attirer les sièges sociaux de grandes entreprises telles que Coca-Cola, Microsoft et Orange ». De son côté, le candidat Insoumis à Créteil, Abdoulbar Djaffar, évoque les « politiques ambitieuses » de Laurent Cathala en soulignant que « beaucoup d’habitants sont satisfaits ».
Même Damien Mercier, candidat de Lutte ouvrière à Issoudun, considère qu’André Laignel « a démontré qu’il pouvait être apprécié pour son travail ».
Un système critiqué par l’opposition
Les opposants dénoncent cependant le « système » de pouvoir instauré par ces maires. Abdoulbar Djaffar souligne que « quarante-huit ans de mandat, ce n’est pas anodin » et qu’il en résulte des habitudes importantes. À Issy, « le système Santini est très vertical, de l’entre-soi », pointe Cécile Soubelet, tandis qu’Aurélie Taquillain dénonce une « politique à l’ancienne » à Courbevoie. Gérard, un retraité de 78 ans, conseille au maire de « se reposer » et de « ne pas se faire trop voir ».
En revanche, Sylvie, 55 ans, manager dans les télécoms, est agacée par les dissidences au sein des équipes municipales, dont plusieurs anciens adjoints ont rejoint Aurélie Taquillain. Les cinq octogénaires, réélus en 2020, ont bénéficié d’une abstention supérieure à la moyenne nationale, pouvant aller jusqu’à 19 points pour Laurent Cathala. Selon Abdoulbar Djaffar, cela témoigne d’un sentiment que « voter ne sert à rien ».