La France insoumise (LFI) s’oppose fermement à sa récente classification en tant qu’« extrême gauche » par le ministère de l’Intérieur dans le cadre des élections municipales de mars 2026, qualifiant cela de « trucage » indigne d’une « république bananière », déclare Jean-Luc Mélenchon, le leader du parti, lors d’une conférence de presse. Cette classification est un premier pour la formation politique, fondée en 2016, qui a été classée comme un parti d’extrême gauche dans une circulaire publiée cette semaine, à laquelle se réfèrent aussi les candidats aux élections d’arrondissements et métropolitaines à Lyon, rapporte TopTribune.
LFI classé à gauche par le Conseil d’Etat
Selon le document, « la grille de nuance est applicable aux listes de candidats aux élections métropolitaines de Lyon et aux élections d’arrondissements à Paris, Lyon et Marseille », plaçant LFI dans le bloc « extrême gauche », au même titre que Lutte ouvrière ou le Nouveau Parti anticapitaliste.
En revanche, le Parti communiste français est catégoriquement classé dans le bloc de « gauche ». Malgré un programme de rupture avec le capitalisme, La France insoumise a traditionnellement été pourvue d’une appellation de gauche, confirmée par une décision du Conseil d’Etat en 2024.
Un terme utilisé par les adversaires de LFI
Les adversaires politiques de LFI tentent souvent de qualifier le parti d’« extrême gauche » pour le discréditer, une étiquette que la formation rejette fermement. La question des classifications politiques, notamment aux extrêmes, reste un sujet délicat, le Rassemblement national rejetant également la désignation d’« extrême droite ».
« Notre stratégie vise à arriver au pouvoir par les urnes avec l’objectif de mettre en œuvre un programme de rupture. Il existe une extrême gauche en France qui se revendique comme telle, considérant les élections comme une tribune et non un moyen de conquête du pouvoir, ce qui n’est pas le cas de La France insoumise », affirme Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, en ajoutant qu’un recours devant le Conseil d’Etat est à l’étude.
Laurent Nunez « trouble l’ordre public électoral » selon Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé mercredi soir les actions de Laurent Nunez en termes de classification, affirmant qu’il « trouble l’ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques ». « Ces lettres sont celles d’une république bananière », a-t-il poursuivi.
Éric Coquerel, président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale et également membre de LFI, a déclaré : « Il y a des partis se classant à l’extrême gauche dans ce pays. Ils sont respectables mais LFI n’en fait pas partie ».