Le gouvernement français s’éloigne des élections municipales
À quelques jours du scrutin, le Premier ministre demande aux membres de son gouvernement de ne pas commenter les résultats dimanche soir. Entre prudence politique et stratégie d’évitement, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu prennent leurs distances avec une campagne jugée risquée pour les macronistes, rapporte TopTribune.
Le premier tour des élections aura lieu ce dimanche 11 mars. L’exécutif assure ne pas redouter le résultat de ce scrutin, promettant un discours de calme même si la réalité semble diverger. Sébastien Lecornu a en effet demandé à ses ministres de refuser les invitations des médias. Cette posture vise à eviter toute réaction immédiate concernant une possible défaite pour les macronistes.
Officiellement, le Premier ministre exhorte les membres de son cabinet à respecter une « obligation de neutralité » pour garantir une « stricte séparation entre communication gouvernementale et expression politique partisane ». Toutefois, cette règle est généralement moins stricte lorsque les résultats sont favorables. La motivation derrière cette diète médiatique est claire : éviter des commentaires à chaud sur ce qui pourrait se révéler comme un revers majeur pour le gouvernement.
Sébastien Lecornu cherche à se distancer de ces élections municipales qu’il n’a pas activement soutenues. Il a délibérément évité de parcourir le pays avec les candidats reliant à son parti. De plus, il n’occupe que la troisième place sur la liste de son successeur à la mairie de Vernon en Eure, cherchant presque à se fondre dans l’ombre durant cette période délicate.
Depuis six mois, le Premier ministre semble adopter une approche médiatique minimale, un concept que Michel Rocard avait qualifié de « devoir de grisaille », se concentrant sur les préoccupations quotidiennes des Français. Actuellement, il met l’accent sur les impacts économiques de la guerre au Moyen-Orient, notamment la problématique des prix des carburants, sans se laisser distraire par des considérations partisanes.
Emmanuel Macron adopte une approche similaire sur la scène internationale. En tant que chef de l’État, il prend des distances tout en s’impliquant dans la diplomatie en contactant tous les acteurs du conflit, tout en assurant le rôle de chef des armées en surveillant les opérations militaires. Cela lui permet de naviguer autour des élections, qui sont réduites à des enjeux locaux.
Par ailleurs, les candidats macronistes mettent en œuvre une campagne discrète, se cachant souvent derrière des leaders centristes ou de droite. À Paris, par exemple, Renaissance soutient Pierre-Yves Bournazel, alors que Rachida Dati, candidate LR, revendique un lien avec Emmanuel Macron. Si elle perd, le président laissera à la droite le soin de commenter cette défaite ; si elle gagne, il se rappellera qu’elle a été ministre jusqu’à récemment.