A quelques jours du second tour des élections municipales, les discussions entre les formations de gauche se sont intensifiées lundi dans de nombreuses grandes villes. En dépit de l’absence d’accord national entre le Parti socialiste et La France insoumise, plusieurs accords locaux ont été établis pour présenter des listes communes lors du scrutin de dimanche, rapporte TopTribune.
Dans plusieurs grandes villes comme Paris, Marseille, Bordeaux, Rennes, Montpellier, Rouen ou Nancy, aucune alliance n’a été formée, les différentes listes optant pour se maintenir séparément. En revanche, d’autres négociations ont abouti à des rapprochements souvent qualifiés de « fusions techniques », c’est-à-dire des listes communes sans engagement programmatique et sans garantie de gouvernance partagée après l’élection. Ces accords ont provoqué des critiques vives de la part des partis de droite et du centre, qui qualifient ces compromis de « accords de la honte ».
Toulouse
A Toulouse, quatrième ville de France, les socialistes et les écologistes s’unissent derrière la candidature de l’Insoumis François Piquemal pour tenter de battre le maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc lors du second tour. En conférence de presse, le député LFI François Piquemal a annoncé une « liste commune en mesure d’ouvrir une nouvelle ère à Toulouse » aux côtés du socialiste François Briançon, ainsi qu’un « accord de gouvernance ». La montée de LFI au premier tour a grandement influencé cette décision, les partenaires de gauche estimant qu’une candidature unique augmentait les chances de renverser l’équilibre local.
Nantes
A Nantes, la maire sortante et numéro deux du Parti socialiste, Johanna Rolland, a accepté un accord de fusion avec La France insoumise. « C’est une fusion démocratique qui se concrétise entre nos listes », a expliqué Johanna Rolland. Cette décision survient après que le candidat de la droite et du centre, Foulques Chombart de Lauwe, a été devancé de peu par la socialiste. Cet accord vise à préserver une ville gouvernée par la gauche depuis l’élection de Jean-Marc Ayrault en 1989, libérant 10 places à LFI sur la liste de Rolland, tout en stipulant que les candidats insoumis ne siègeront pas dans la majorité, mais dans l’opposition.
Lyon
À Lyon, la situation diffère quelque peu, la principale liste de gauche étant dirigée par un écologiste, le maire sortant Grégory Doucet. Il a annoncé le ralliement de La France insoumise pour le second tour face à Jean-Michel Aulas. « Le rassemblement autour de Grégory Doucet s’élargit. En responsabilité, les listes de La France insoumise ont, comme ailleurs, rejoint cette dynamique », a indiqué l’équipe du maire écologiste. L’objectif est de contrer Jean-Michel Aulas, qui a qualifié l’accord de « honteux ».
Strasbourg
À Strasbourg, la maire écologiste Jeanne Barseghian et La France insoumise ont également annoncé une alliance pour le second tour face à la candidate socialiste Catherine Trautmann et au LR Jean-Philippe Vetter. « Nous faisons le choix de la gauche rassemblée », a déclaré l’édile, évoquant le risque de voir la ville tomber aux mains des forces réactionnaires et conservatrices. Cette liste fusionnée se veut un « bloc populaire » face à « un bloc de droite radicalisé » et « un bloc macroniste » incarné par la candidature de Trautmann, selon le candidat LFI Florian Kobryn.
Brest
À Brest, La France insoumise s’associe également à la liste socialiste menée par le maire sortant François Cuillandre dans le cadre d’une fusion technique. « La gauche reste majoritaire à Brest, dans sa diversité », a déclaré ce dernier lors d’une conférence de presse conjointe avec la tête de liste LFI Cécile Beaudouin. « Notre souhait est de continuer cette aventure commune de la gauche », a-t-il ajouté.
Limoges
A Limoges, le candidat PS-PCF-Place publique Thierry Miguel, arrivé troisième au premier tour, a accepté de fusionner sa liste avec celle du député Insoumis Damien Maudet pour s’opposer au président LR de la métropole Guillaume Guérin. Arrivés respectivement avec 16,92 % et 24,86 % des suffrages contre 27,34 % pour leur adversaire, Thierry Miguel et Damien Maudet espèrent faire basculer de nouveau cette ville, longtemps dirigée par le PS entre 1912 et 2014.
Avignon
À Avignon, la liste de La France insoumise conduite par Mathilde Louvain fusionne avec celle du socialiste David Fournier pour le second tour, les deux listes étant arrivées respectivement en quatrième et troisième positions au premier tour. « Il n’y aura qu’une seule liste de gauche » au second tour, a confirmé un proche du candidat socialiste, qualifiant cette union indispensable pour conserver la ville à gauche et battre Olivier Galzi, arrivé en tête avec plus de 27 % des voix.
Clermont-Ferrand
À Clermont-Ferrand, le maire socialiste sortant Olivier Bianchi a annoncé la fusion « technique » de sa liste avec celle de LFI dirigée par la députée Marianne Maximi pour le second tour des élections municipales. « Nous avons décidé de mettre en commun nos forces au travers d’un accord technique » pour le second tour, a déclaré l’édile. Olivier Bianchi, qui vise un troisième mandat dans une ville dirigée par les socialistes depuis la Libération, a terminé derrière le candidat LR Julien Bony au premier tour.