Municipales 2026 à Paris : Sarah Knafo déstabilise-t-elle Rachida Dati avec sa campagne numérique ?

Municipales 2026 à Paris : Sarah Knafo déstabilise-t-elle Rachida Dati avec sa campagne numérique ?

06.03.2026 08:07
2 min de lecture

Si la campagne électorale se déroulait principalement sur les réseaux sociaux, Sarah Knafo, candidate de Reconquête pour les élections municipales à Paris, s’imposerait comme la grande favorite. Depuis le début de sa campagne en janvier, elle multiplie les interventions percutantes sur les plateformes numériques. Accompagnée de l’ancienne chanteuse Coxie dans le 14e arrondissement, ou parcourant les rues de Paris à moto avec Philippe Monneret, champion multiple, Knafo mise sur une communication dynamique pour illustrer son slogan « une ville heureuse », rapporte TopTribune.

Sa stratégie visuelle se distingue par des couleurs vives, notamment un jaune printanier, présent dans ses tenues lors de ses visites sur les marchés. Cette approche s’inspire de celle de Zohran Mamdani, le candidat démocrate victorieux à la mairie de New York, bien qu’il soit éloigné du parti d’Éric Zemmour.

« Capter l’attention »

Knafo utilise même un personnage virtuel dans ses clips, inspiré par le film Ratatouille de Pixar, pour promouvoir son programme et critiquer ses adversaires. « La plupart des équipes de candidats manquent d’imagination. Nous, on assume d’utiliser l’IA pour des vidéos », déclare Samuel Lafont, directeur de communication de Reconquête. Sur les réseaux sociaux, elle devance ses concurrents avec plus de 500.000 abonnés sur Instagram, tandis que Rachida Dati en compte 200.000 et Emmanuel Grégoire seulement 27.000.

Lafont précise : « On a tenté d’avoir une campagne différente, pour attirer l’attention. On voulait que la forme corresponde aussi au fond du projet ». Parmi ses propositions, Knafo évoque l’utilisation de l’IA pour détecter les crimes via les caméras de la ville, ainsi que des réverbères pouvant reconnaître des cris ou des bris de verre pour éclairer les malfaiteurs. « Avec moi, la ville lumière vous protège », sourit-elle.

Quel que soit le scepticisme entourant ses propositions, une vidéo présentant ces idées a déjà été visionnée 1.7 million de fois sur X. Son projet de réouverture des voies sur berge, réalisé grâce à un viaduc piéton sur 2 km, a également généré 1.4 million de vues. « Quand on propose des choses nouvelles, on vous traite de farfelus. Mais certains sont à la mairie depuis des années et n’ont pas apporté d’idées », remarque Lafont. À un an de la présidentielle, cette stratégie vise également à « dédiaboliser » le parti d’Éric Zemmour.

« C’est une candidate d’extrême droite et il ne suffit pas de mettre du jaune et de s’appeler ‘la ville heureuse’ pour cacher ses turpitudes », a réagi Emmanuel Grégoire, candidat socialiste, soulignant que Knafo pourrait néanmoins « ringardiser » Rachida Dati durant cette campagne.

« C’est un peu Emily in Paris »

L’intensification de la présence numérique de Knafo lui permet de gagner quelques points dans les sondages. « Elle a pris de l’espace médiatique et sa campagne semble résonner dans certains quartiers de Paris, attirant des électeurs vers l’extrême droite, ce qui commence à poser problème pour Dati », lance Céline Hervieu, députée PS et candidate à la mairie du 6e arrondissement. « Peut-être que les Parisiens se lassent du Dati-show », ajoute-t-elle.

Du côté de l’équipe de Knafo, on mise sur une approche tranquille : « Knafo, c’est un peu Emily in Paris qui débarque au milieu des tentes à la porte de la Chapelle avec une baguette magique. Son discours idyllique et ses propositions démagogiques se heurtent à la réalité parisienne », critique David Alphand, élu parisien et soutien de Dati.

Malgré une récente polémique due à une « bourde » sur le prix du pass Navigo, Knafo est créditée d’environ 12 % dans les sondages, et semble capable de franchir la barre des 10 % pour se qualifier au second tour. Cette dynamique pourrait compliquer la tâche de Rachida Dati dans son affrontement avec Emmanuel Grégoire pour le contrôle de la capitale.

« Nous devons nous unir pour battre la gauche. Je suis la seule à proposer cette union », a déclaré Knafo sur ses réseaux sociaux, sans recourir à l’intelligence artificielle, mais toujours vêtue de jaune.

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