Mort de Quentin Deranque : la Jeune Garde et La France insoumise sous le feu des critiques

Mort de Quentin Deranque : la Jeune Garde et La France insoumise sous le feu des critiques

17.02.2026 07:37
3 min de lecture

La France insoumise est en situation délicate suite à la mort de Quentin Deranque, violemment agressé jeudi dernier en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Ce tragique événement a conduit plusieurs responsables politiques à pointer du doigt le mouvement dirigé par Jean-Luc Mélenchon, rapporte TopTribune.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué lundi matin sur France Inter le mouvement « antifasciste » de la Jeune Garde, lié à cette affaire, et a dénoncé ses « liens extrêmement forts » avec La France insoumise. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a également suggéré une « responsabilité morale » de LFI dans le « climat de violence » du débat politique et ses « liens avérés et assumés avec des groupes d’ultragauche extrêmement violents ».

Raphaël Arnault, « député antifa »

La Jeune Garde a été fondée à Lyon en 2018 par Raphaël Arnault, se présentant comme une « réaction d’autodéfense » face à des mouvances d’extrême droite violentes. D’autres groupes ont vu le jour dans des villes comme Paris, Strasbourg, et Montpellier, chacun prônant le slogan : « Face à l’extrême droite, riposte immédiate ». Les relations avec La France insoumise se sont renforcées en juin 2023, lorsque Jean-Luc Mélenchon a participé au camp d’été du mouvement « antifasciste » avec d’autres responsables, comme le montre une photographie publiée sur leur compte Instagram.

Un an après, Raphaël Arnault a été investi par La France insoumise dans le Vaucluse pour les législatives. Ce choix controversé, car il était fiché S, a suscité des critiques de la gauche locale. Toutefois, le jeune militant a été soutenu par des figures de LFI. « Nous sommes fiers d’avoir avec nous Raphaël Arnault parce qu’il lutte contre les fascistes », a alors déclaré Jean-Luc Mélenchon. Malgré cela, Arnault fait l’objet de critiques constantes de la part de ses adversaires politiques, particulièrement suite à sa condamnation définitive pour « violences volontaires en réunion » en mars 2025, comme le rapporte le Figaro.

« Ce sont des camarades »

Raphaël Arnault a déclaré en novembre dernier lors d’un live sur Twitch que les premières discussions étaient orientées sur les moyens de collaboration entre la Jeune Garde et le mouvement insoumis. Il a souligné son souhait de conserver une « autonomie » par rapport à LFI. De son côté, les responsables insoumis ont régulièrement exprimé leur soutien à la Jeune Garde, surtout lors de l’engagement d’une procédure de dissolution en avril 2025 par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bruno Retailleau.

Jean-Luc Mélenchon a défendu la Jeune Garde, affirmant : « C’est une organisation alliée, liée au mouvement insoumis. Ont-ils fait une seule fois l’apologie de la violence ? Jamais ! » Il a exprimé sa passion pour ce groupe, appelant les membres de La France insoumise à « se grouper derrière la bannière de la Jeune Garde » à l’occasion du défilé du 1er mai. Toutefois, la dissolution de la Jeune Garde a été prononcée en juin 2025. Malgré cela, le groupe insoumis à l’Assemblée nationale a continué de soutenir son allié. Mercredi dernier, il a encore appelé le gouvernement à « abandonner sa procédure de dissolution » dans un communiqué, alors qu’un recours reporté devait être examiné par le Conseil d’Etat.

Un collaborateur insoumis suspecté ?

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé lundi la suspension des « droits d’accès » de Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire de Raphaël Arnault, afin d’éviter un « trouble à l’ordre public » au palais Bourbon. Elle a justifié sa décision par des témoignages citant Favrot dans l’agression mortelle de Quentin Deranque. Favrot, au travers de son avocat, a formellement nié toute implication dans ce drame et a décidé de se retirer temporairement de ses fonctions.

La Jeune Garde, pour sa part, a déclaré dans un communiqué qu’elle ne pouvait pas être tenue pour responsable des « événements tragiques » de Lyon. La France Insoumise a également condamné fermement les violences survenues. Le procureur de Lyon a, quant à lui, indiqué lors d’une conférence de presse que des arrestations allaient être bientôt effectuées, mais qu’il ne souhaitait pas spéculer sur les affiliations des suspects, se basant uniquement sur des éléments probants d’enquête. Contacté pour des commentaires, Raphaël Arnault n’a pas répondu aux sollicitations.

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