Emmanuel Macron face à la violence des groupes d’action politique après la mort de Quentin Deranque
La violence des groupes d’action politique est de nouveau au cœur des préoccupations d’Emmanuel Macron, dix jours après la mort du militant Quentin Deranque à Lyon. Le président a convoqué une réunion ce mardi matin à l’Élysée, tandis que l’exécutif a saisi la justice en raison d’une possible reconstitution de la Jeune Garde, dissoute en juin dernier. Cependant, la dissolution de ce groupe a-t-elle réellement mis fin à leurs activités ?, rapporte TopTribune.
Le gouvernement affirme que malgré sa dissolution, la Jeune Garde antifasciste continue d’exister dans l’ombre. Des anciens membres sont suspectés d’être impliqués dans la mort de Quentin Deranque, exposant ainsi la résilience des groupes d’ultragauche. « Une possible reconstitution de ligue dissoute… sur cinq territoires au moins, » a déclaré l’exécutif, renforçant les craintes d’une résurgence de la violence.
Une nouvelle entité, dénommée « Éteignons la flamme, » s’est récemment manifestée sur les réseaux sociaux, faisant son apparition en début d’année avec la participation de figures politiques telles que Jean-Luc Mélenchon et le député insoumis Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde. En réponse à ces accusations, Me Aïnoha Pascual, avocate de la Jeune Garde, a affirmé : « On veut faire porter une certaine responsabilité à la Jeune Garde pour les événements du 12 février et on apporte encore une fois, en réponse à ça, l’outil de la dissolution. »
Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, 24 groupes ont été dissous, dont cinq liés à l’ultragauche et 19 à l’ultradroite, selon le ministère de l’Intérieur. D’autres dissolutions pourraient être envisagées, avec quatre procédures en cours. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a rappelé que « tout groupement qui appelle à la violence, qui appelle à la discrimination, à la haine, est susceptible de faire l’objet d’une procédure de dissolution. »
Cependant, l’efficacité de ces dissolutions reste sujette à débat. Certains groupes, notamment d’ultradroite, ont réussi à se reconstituer malgré les interdictions. À Lyon, par exemple, le Bastion social, dissous en 2019, a donné naissance à deux nouvelles formations, Lyon Populaire et Audace-Lyon. Selon Nicolas Lebourg, historien à l’Université de Montpellier, la dissolution demeure un acte symbolique, mais peut aussi avoir un impact sur la perception publique. « Ça sert à marquer d’infamie souvent le nom d’un groupe, à casser cette marque. Ça a un vrai effet sur l’opinion publique, ça attaque leurs finances, et ça peut décourager certains militants. »
Le processus de dissolution se révèle ainsi long et complexe, avec des recours possibles devant le Conseil d’État, ce qui soulève des questions sur la réelle capacité de l’État à éradiquer ces mouvements.