Quentin Deranque est décédé à Lyon le 14 février, après une altercation avec un groupe de militants antifascistes, des circonstances qui se sont clarifiées dans les jours suivants cet incident. Le 12 mars, Mediapart a révélé les opinions profondément fascistes et néonazies de ce militant identitaire, dont un hommage a été rendu à l’Assemblée nationale, rapporte TopTribune.
Dans leur enquête, il est précisé que le jeune homme de 23 ans, actif sur X sous les pseudonymes @PatricienD et @Gavariou depuis 2023, exprimait sans réserve des pensées qui glorifiaient le fascisme. Il a notamment déclaré : « on veut le fascisme », « les immigrationnistes et les antiracistes sont des merdes », soutenant que « la violence politique n’est pas propre aux fascistes, elle est intrinsèque à la politique quand on a un peu de caractère ».
Mein Kampf à faire lire à tous les lycéens
Une nostalgie manifeste pour le IIIe Reich transparaît également dans ses publications. Pour Deranque, Mein Kampf d’Adolf Hitler devrait être « à faire lire à tous les lycéens ». Il a même écrit clairement : « moi je soutiens Adolf mais chacun son truc », en réaction à un post qui exprimait un soutien selon lui « aux pd, trans et adelphes ».
Affichant un racisme flagrant, Deranque avait écrit sous couvert d’anonymat : « si on avait un vrai dirigeant il utiliserait les débordements de ce soir pour mater la n*graille comme un grand homme avait su le faire avec l’incendie du Reichstag ». Il plaidait pour l’abrogation des lois Pleven et Gayssot, qui interdisent la négation de la Shoah.
Par ailleurs, ce militant se disait très catholique et assistait à des messes « traditionnalistes en latin », selon Mediapart. Pour lui, l’IVG était un crime et Simone Veil, figure emblématique du droit à l’avortement en France, était qualifiée de « salope meurtrière ».
Enfin, selon des sources, deux semaines avant sa mort, Deranque avait participé à une matinée de formation aux techniques de combat, organisée par le groupuscule néofasciste Audace Lyon. Il considérait que la violence pouvait être justifiée, citant l’agression contre des militants de SOS Racisme en 2021. Lors de la condamnation du leader néonazi Marc de Cacqueray pour ces violences, il avait tweeté : « Soutien à lui, il n’a rien fait de mal ».