Les moisissures à domicile : un facteur d’asthme désormais établi chez l’adulte
Une étude récente confirme que la présence de moisissures visibles dans l’habitat est liée à une augmentation des symptômes d’asthme chez les adultes. Réalisée par des chercheurs de l’Équipe d’épidémiologie respiratoire intégrative du Centre de recherche en Épidémiologie et Santé des Populations (Inserm 1018, Villejuif), cette recherche s’appuie sur la cohorte CONSTANCES, qui offre un suivi approfondi de la santé respiratoire des volontaires. Cette étude montre que 32 % des participants rapportent la présence de moisissures visibles dans leur logement, ce qui représente un risque accru pour le développement et l’aggravation de l’asthme, rapporte TopTribune.
Les chercheurs ont comparé deux groupes d’environ 1 000 individus : ceux atteints d’asthme et un échantillon de sujets non asthmatiques, tous issus des 11 825 participants ayant répondu à un questionnaire sur l’habitat entre 2012 et 2019. Les résultats montrent que la surface de moisissures allait d’aucune contamination à plus de 1 m². Les conditions de vie difficiles, telles que l’absence de ventilation adéquate ou des dégâts des eaux fréquents, sont fortement associées à la présence de moisissures.
En ajoutant à ces résultats, l’étude révèle que l’aération régulière des logements et un système de ventilation performant peuvent réduire significativement les risques associés à l’exposition aux moisissures.
Développement ou aggravation de l’asthme
Cette recherche confirme que même de petites surfaces de moisissures dans un habitat peuvent contribuer au développement et à l’aggravation de l’asthme chez les adultes. Les chercheurs mentionnent que les effets délétères ne se limitent pas à de vastes contaminations, mais se manifestent également avec de faibles niveaux de moisissures.
Pour approfondir les mécanismes biologiques en jeu, le projet complémentaire MOLDASTH a examiné les voies inflammatoires chez près de 2 000 participants à partir d’échantillons de la biobanque CONSTANCES. Les résultats révèlent une activation de la voie inflammatoire T2, soulignée par la présence de médiateurs spécifiques tels que TARC, RANTES, éotaxine-3 et TSLP.
Une voie de l’inflammation bien particulière
Ces résultats ont des implications cliniques importantes. Un médecin pourrait envisager l’hypothèse d’une exposition aux moisissures chez un patient souffrant d’une forme d’asthme avec éosinophiles. Dans ce cas, il est suggéré de rechercher les moisissures dans l’habitat et de mettre en place des mesures pour les éliminer et potentiellement réduire les symptômes de l’asthme.