Médicaments anti-obésité : le référentiel du GCC-CSO pour médecins et patients

Médicaments anti-obésité : le référentiel du GCC-CSO pour médecins et patients

16.01.2026 17:18
3 min de lecture

Un nouveau référentiel sur les traitements médicamenteux de l’obésité publié

Le Groupe de Concertation et de Coordination des Centres Spécialisés de l’Obésité (GCC-CSO) et le réseau FORCE, en collaboration avec plusieurs sociétés savantes, ont élaboré un référentiel à destination des médecins prescripteurs et des patients sur la gestion des traitements médicamenteux de l’obésité, tels que le liraglutide (Saxenda), le sémaglutide (Wegovy) et le tirzépatide (Mounjaro), rapporte TopTribune.

Les traitements médicamenteux agissent sur des hormones naturelles qui régulent l’appétit, envoyant des signaux de satiété au cerveau de façon plus efficace et durable. Ils ralentissent la digestion, permettant ainsi aux patients de ressentir une satiété prolongée et réduisant l’attrait pour les aliments gras et sucrés.

Des traitements chroniques de l’obésité

Une perte de poids progressive est observée dans la première année, bien que certains individuels atteignent leur poids minimum plus rapidement. Ce processus est suivi d’un plateau, à condition que le traitement soit poursuivi à dose adéquate. Il est à noter qu’environ 70 % du poids perdu est souvent repris dans les 12 mois suivant l’arrêt du traitement.

Bien que la majorité des patients constatent des résultats positifs, certains éprouvent des réponses moins satisfaisantes, rendant difficile l’anticipation de la perte de poids individuelle, qui varie selon la molécule et l’organisme de chaque patient.

Si la perte de poids est inférieure à 5 % après six mois de traitement à pleine dose, le spécialiste peut envisager d’ajuster le plan thérapeutique après 6 à 12 mois de traitement.

Protocole d’augmentation des doses

Les traitements agissent également sur l’estomac, ralentissant la vidange gastrique, ce qui peut entraîner des nausées ou des vomissements. Ces effets secondaires, généralement passagers, tendent à se dissiper après quelques semaines grâce à une augmentation progressive des doses.

Par exemple, pour le sémaglutide, l’augmentation mensuelle se fait sur une période de quatre mois, débutant à 0,25 mg et atteignant 2,4 mg par semaine. Le tirzépatide commence à 2,5 mg par semaine, avec des ajustements de 2,5 mg tous les 4 semaines, jusqu’à une dose maximale de 15 mg par semaine.

Cependant, il est crucial d’adapter ce protocole en fonction de la tolérance digestive et de l’efficacité observée. En cas de troubles digestifs significatifs, le médecin peut recommander de prolonger la même dose ou de revenir à un palier inférieur.

Savoir gérer les effets secondaires

Les effets secondaires digestifs, généralement bénins, surgissent fréquemment, touchant environ 10 % des patients. Parmi ces effets, on retrouve des nausées (25 à 44 %), des diarrhées (19 à 30 %), des vomissements (8 à 24 %) et de la constipation (17 à 24 %), avec des taux similaires quel que soit le médicament utilisé.

Ces symptômes nécessitent une attention particulière; s’ils persistent, une prise en charge adaptée est essentielle. Cela peut inclure des adaptations alimentaires ou, dans certains cas, une prescription médicamenteuse pour gérer les effets indésirables.

Complications rares mais graves

Parmi les complications rares mais sérieuses à surveiller, l’apparition de calculs biliaires est notable, provoquant des douleurs abdominales de manière intermittente, souvent postprandiales. D’autres symptômes incluent des nausées, des vomissements et parfois de la fièvre.

Une inflammation du pancréas (pancréatite) est également une possibilité, caractérisée par une douleur abdominale intense, souvent soudaine, qui peut irradier vers le dos. Cette douleur est souvent accompagnée de nausées, de vomissements, et d’une légère fièvre.

À noter : fin 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé les agonistes du GLP-1 pour le traitement pharmacologique de l’obésité, une avancée significative alors que l’obésité touche désormais un milliard de personnes à travers le monde.

Source : Prise de position nationale sur les traitements médicamenteux de l’Obésité et leur accompagnement en pratique GCC-CSO- réseau FORCE et Document d’information sur les traitements médicamenteux de l’obésité à remettre au patient (décembre 2025) ; WHO guideline on the use of glucagon-like peptide-1 (GLP-1) therapies for the treatment of obesity in adults (décembre 2025) ; interview du Pr Emmanuel Disse, chef du service d’Endocrinologie-Diabète-Nutrition Hôpital Lyon Sud (Hospices Civils de Lyon)

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