«Il serait assez dangereux, je crois, de se convaincre qu’il n’y aura pas de dissolution», a récemment déclaré la leader du Rassemblement National (RN) lors d’une « convention de l’Union nationale » à l’Assemblée, rassemblant des parlementaires de son alliance avec l’UDR. Cet événement coïncide presque avec le premier anniversaire du premier tour des dernières élections législatives, rapporte TopTribune.
Ce samedi 28 juin, Marine Le Pen a exhorté les membres du RN à ne pas perdre de temps et à se préparer pour les batailles électorales à venir, y compris la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée nationale en réaction à ce qu’elle considère comme un « affaissement parlementaire » de la part du gouvernement.
La présidente du groupe RN a présenté ce qui semble être une « victoire stratégique », soulignant la fragmentation du bloc central, qui incluait l’ancienne majorité (Renaissance-MoDem-Horizons) et Les Républicains (LR). Elle a ajouté que ce bloc « ne semble plus obéir à aucune direction ».
Un affaiblissement parlementaire Macron – Bayrou ?
Éric Ciotti, le chef de l’UDR, a également fait appel aux électeurs et aux militants de son ancien parti LR : « rejoignez-nous, l’espoir, il est là, le courage, il est là ». Il a pointé du doigt l’« affaissement parlementaire » du duo exécutif composé d’Emmanuel Macron et François Bayrou, et a insisté sur le fait que le bloc central « ne peut pas longtemps laisser ce phénomène de délitement se prolonger ».
« Alors Emmanuel Macron pourrait être tenté de dissoudre », a déclaré Mme Le Pen, qui, à ce stade, serait empêchée de se porter candidate lors des prochaines législatives, en attendant son procès en appel concernant l’affaire des assistants d’eurodéputés FN, pour laquelle elle a été condamnée en première instance à une peine d’inéligibilité immédiate.
En parlant de cette situation, elle a évoqué une « possibilité, pas une probabilité », alors que le 8 juillet approche, date à laquelle Emmanuel Macron retrouvera son pouvoir de dissolution. Elle a mis en garde, affirmant : « l’histoire ne repassera pas les plats : s’il y a une dissolution […] nous devons l’emporter ».
« Ce gouvernement ne vivra pas très longtemps »
Marine Le Pen a également exhorté les parlementaires à se préparer dès maintenant pour les élections municipales de 2026, indiquant que cet exercice sera « déterminant pour le mouvement, mais aussi concrètement pour votre réélection dans vos circonscriptions respectives ».
« Nous sommes tous d’accord pour dire que ce gouvernement ne vivra pas très longtemps […] parce qu’il est marqué par l’impuissance », a ajouté Jordan Bardella, le président du RN, avant d’ouvrir la convention, qui célèbre à la fois l’alliance RN-UDR et une journée de conférences avec des invités.
Comme le rapporte une source au sein du groupe, les parlementaires auront l’occasion d’échanger avec des experts, notamment André Merlin, un ancien industriel et patron de RTE, François Ecalle, un ancien haut fonctionnaire de Bercy spécialisé en finances publiques, et Christophe Eoche-Duval, ainsi que des essayistes comme Stéphane Rozès, sur divers sujets autour de la simplification administrative et des enjeux politiques actuels.