Manifestations en Iran : tensions économiques exacerbées entre le régime et la population

Manifestations en Iran : tensions économiques exacerbées entre le régime et la population

06.02.2026 01:56
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Des manifestations en Iran face à la crise économique

Depuis dimanche, une série de manifestations a éclaté en Iran, marquant la première vague d’ampleur depuis les soulèvements de l’automne 2022, déclenchée par la mort de Mahsa Amini. Originaires de Téhéran, ces mobilisations, nées de la hausse des prix, se sont rapidement étendues à plusieurs régions du pays, rapporte TopTribune.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a reconnu les revendications économiques des manifestants tout en appelant à réprimer les « émeutiers » lors d’un discours donné le 3 janvier. « Ces commerçants ont tout à fait raison de protester contre la situation économique actuelle », a-t-il déclaré. Cependant, il a souligné que « dialoguer avec les émeutiers est inutile », insistant sur la nécessité de « les remettre à leur place ».

Initialement, les grands commerçants de Téhéran avaient fermé leurs boutiques pour dénoncer l’hyperinflation et l’effondrement du rial, la monnaie nationale. Ce mouvement a gagné en ampleur, touchant des universités et plusieurs villes moyennes, notamment dans l’ouest du pays, où des affrontements mortels ont été signalés.

Ces manifestations surviennent dans un contexte particulièrement tendu, l’Iran étant affaibli suite à des conflits récents, notamment la guerre avec Israël en juin. Les sanctions onusiennes, rétablies par l’ONU en septembre pour son programme nucléaire, exercent également des pressions sur l’économie iranienne, déjà touchée par une inflation de 52 % en décembre, selon les chiffres officiels.

Thierry Coville, économiste et chercheur à l’Iris, note que si l’économie, notamment l’inflation galopante, a été le déclencheur des manifestations, le mécontentement révèle aussi une crise politique plus profonde. “Depuis la sortie des États-Unis de l’accord nucléaire en 2018, les tensions se sont intensifiées. Les récentes manifestations sont une expression d’un mécontentement général, pas seulement économique », a-t-il déclaré.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a également exprimé sa compréhension des revendications économiques des protestataires tout en soulignant l’influence externe dans la situation actuelle. Il a rappelé que les sanctions américaines sont considérées comme illégales par le droit international et que les récentes sanctions européennes, imposées à travers le processus de « snapback », ont ajouté aux difficultés économiques du pays.

La situation économique de l’Iran s’est détériorée depuis la réimposition des sanctions, avec des chiffres d’inflation persistants entre 30 et 40 %. La Chine demeure un partenaire crucial, continuant d’acheter du pétrole iranien et permettant à l’économie de ne pas s’effondrer complètement. Malgré cela, le régime peine à résoudre son problème d’inflation, aggravé par des déficits budgétaires importants.

Les mobilisations actuelles, bien que significatives, ne rivalisent pas encore avec l’ampleur des manifestations de 2022. L’avenir de ces mouvements dépendra de l’attitude du gouvernement et de la capacité des dirigeants à répondre aux préoccupations des manifestants tout en évitant de réagir de manière répressive. Les marges de manœuvre du gouvernement sont étroites, et la colère populaire pourrait se transformer en demandes de réformes politiques plus larges.

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