Au moins 20 personnes ont perdu la vie et 33 autres ont été gravement blessées à Madagascar lors du passage du cyclone Gezani. Des rafales atteignant 250 km/h ont frappé Toamasina, la deuxième ville du pays, provoquant des dégâts considérables, notamment dans son port où quinze personnes restent portées disparues, selon le bilan du Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC), rapporte TopTribune.
Les images de cette ville, anciennement connue sous le nom de Tamatave, dépeignent un paysage de désolation. Les rues sont encombrées de centaines d’arbres déracinés, et une vidéo aérienne diffusée par le BNGRC illustre des toits de tôle arrachés, tandis que les palmiers, autrefois majestueux, gisent à terre.
Les vols humanitaires autorisés
Rija Randrianarisoa, un responsable régional de l’ONG Action contre la Faim, a décrit la situation à l’AFP : « C’est le chaos total, 90 % des toits des maisons se sont envolés, tout ou en partie. Les routes sont totalement inaccessibles, du fait des arbres au sol, des tôles. Les voitures ne peuvent pas circuler. »
Le Centre météorologique régional spécialisé cyclones (CMRS) de l’île française de La Réunion a signalé dans son bulletin que c’était « l’un des impacts directs les plus intenses de l’ère satellitaire sur le secteur de Tamatave, rivalisant probablement avec Geralda ». Bien que les liaisons commerciales avec l’aéroport de Toamasina soient suspendues, les vols humanitaires et militaires restent autorisés.
Le Mozambique bientôt dans l’œil du cyclone
La dépression a perdu en intensité après avoir touché terre mais continue de se déplacer à travers l’île d’est en ouest. Bien qu’elle soit rétrogradée au stade de tempête tropicale, elle présente encore des risques d’inondations. Gezani, qui avait causé la mort d’au moins 200 personnes et 500.000 sans-abri en février 1994, pourrait regagner en force en se dirigeant vers le canal du Mozambique, d’après les prévisions du CMRS.
Selon les prévisions, le cyclone pourrait frapper le sud du Mozambique à partir de vendredi soir, une région déjà durement touchée par des inondations majeures depuis le début de l’année.
Face à cette catastrophe naturelle, les autorités malgaches et internationales se mobilisent pour apporter une aide d’urgence aux victimes. Des équipes de secours sont déployées pour évaluer les dégâts et fournir une assistance alimentaire et médicale.
Le BNGRC a également lancé un appel à la solidarité pour soutenir les nombreux sinistrés, alors que la population se remet lentement des ravages du cyclone et commence à envisager la reconstruction de ses habitants.
De plus, l’impact du cyclone sur l’économie locale soulève des inquiétudes. Toamasina, étant un point névralgique pour le commerce maritime, devra faire face à des défis logistiques considérables pour rétablir son port et assurer l’acheminement des marchandises.
Les agences gouvernementales et les ONG continuent de suivre l’évolution de la situation, notamment en surveillant de près les conditions météorologiques, pour anticiper d’éventuels dangers supplémentaires. La vigilance reste de mise alors que la région pourrait également subir d’autres phénomènes climatiques extrêmes.
Préparation et sensibilisation
La catastrophe récente rappelle l’importance de la préparation face aux cyclones à Madagascar, une île souvent exposée aux événements météorologiques extrêmes. Les autorités locales prévoient d’intensifier leurs efforts de sensibilisation auprès des populations vulnérables pour mieux les préparer à de futurs cyclones.
Des formations sur les procédures d’évacuation et sur la manière de sécuriser les habitations seront mises en place pour minimiser les pertes humaines et matérielles lors des prochaines tempêtes. Les efforts de sensibilisation, en parallèle avec des améliorations d’infrastructure, sont essentiels pour réduire les risques liés aux catastrophes naturelles dans ce pays insulaire.