Lyon : le projet de tunnel de 2 milliards d'euros de Jean-Michel Aulas suscite des doutes quant à sa faisabilité

Lyon : le projet de tunnel de 2 milliards d’euros de Jean-Michel Aulas suscite des doutes quant à sa faisabilité

13.03.2026 11:17
2 min de lecture

Les 15 et 22 mars prochains, les Françaises et Français éliront leurs maires, un scrutin majeur de la vie politique du pays. Dans ce contexte, Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli, candidats pour la mairie et la métropole de Lyon, proposent un projet ambitieux : la construction d’un tunnel de 7,6 km sous la ville, de Tassin-la-Demi-Lune jusqu’au boulevard Bonnevay, afin d’éliminer les 110 000 véhicules qui traversent Lyon chaque jour par l’autoroute urbaine M6-M7, rapporte TopTribune.

Ce projet, dénommé NFT pour « Nouvelle traversée de Fourvière », est estimé à près de 2 milliards d’euros et devrait être mis en service en 2036, soit dans une décennie. Lors d’une récente conférence de presse, Aulas a affirmé que toutes les mesures annoncées étaient financables, sans fournir de détails spécifiques.

Le calendrier de ce projet suscite des doutes. Les études vont se dérouler en 2026-2027, suivies des procédures et des marchés entre 2027 et 2029, la construction du tunnel étant prévue entre 2029 et 2034, avec une finalisation des flux et la requalification des surfaces d’ici 2036. Thierry Dallard, ancien président du directoire de la Société du Grand Paris, reste sceptique quant à ce calendrier, suggérant que la phase d’études pourrait prendre trois à quatre ans et qu’un contentieux pourrait retarder le lancement des appels d’offres. Pour lui, quinze ans semble plus réaliste que dix pour réaliser un tel projet.

FAKE OFF

Un projet livrable en dix ans ?

Les préoccupations ne s’arrêtent pas à la temporalité. Aulas a également assuré que les travaux ne perturberaient pas les riverains, étant donné qu’ils se dérouleraient sous terre. Toutefois, Dallard tempère en expliquant que les entrées, sorties et usines de ventilation entraîneront des nuisances temporaires, bien que moins importantes qu’une autoroute à ciel ouvert.

Un projet à 2 milliards ?

La promesse d’un budget approximatif de 2 milliards d’euros pour un tunnel de 8 km en milieu urbain est jugée faible par Dallard, qui cite l’exemple du Big Dig à Boston, dont le coût final a explosé. Selon lui, l’expérience prouve que les estimations financières sont souvent sous-évaluées.

Faire un péage « excluant » les métropolitains ?

Aulas a suggéré de ne faire payer que les usagers extérieurs, une proposition que Dallard qualifie de non viable sur le plan légal. Le trafic de transit ne représentant qu’une minorité des véhicules, Dallard estime que ces chiffres sont optimistes et évoque un précédent à Grenoble où un péage avait réduit le trafic de manière significative.

En conclusion

Dallard juge ce projet « d’un autre temps ». Selon lui, le véritable enjeu n’est pas le coût ou le temps de construction, mais la capacité à trouver une solution durable pour décongestionner le tunnel de Fourvière. Il conclut : « Répondre à un problème de congestion par un tunnel de 8 km n’a jamais fonctionné de manière durable. »

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