
Le 29 septembre 2025, lors de sa journée des investisseurs à Munich, la compagnie aérienne Lufthansa a annoncé un plan de restructuration significatif : la suppression de 4 000 emplois d’ici 2030. Cette initiative cible principalement des postes administratifs, représentant près de 20 % des effectifs non opérationnels, et affecte surtout l’Allemagne, rapporte TopTribune.
Réduction des effectifs : 20 % des postes administratifs touchés en Allemagne
La diminution annoncée se traduit par la suppression d’environ 20 % des emplois administratifs, équivalant à plusieurs milliers de postes répartis sur les différents sites de Lufthansa en Allemagne. L’entreprise, avec un effectif total d’environ 103 000 employés, assure que les postes opérationnels ne seront pas directement affectés. D’après Air Journal, la direction vise principalement les fonctions de soutien jugées trop coûteuses et inefficaces.
En parallèle de cette réduction d’effectifs, Lufthansa a rehaussé ses objectifs financiers. Le groupe ambitionne désormais d’atteindre une marge d’EBIT ajustée de 8 à 10 % d’ici 2028, ainsi qu’un free cash-flow annuel excédant 2,5 milliards d’euros, selon Reuters. Ces objectifs ambitieux sont accompagnés d’un programme d’investissement significatif, avec plus de 230 avions attendus d’ici 2030.
La réduction des postes est donc perçue comme une mesure essentielle pour financer ces investissements et accroître la rentabilité. « Dans un contexte de concurrence croissante, il est inacceptable pour le groupe de maintenir une structure administrative de cette ampleur », a déclaré Lufthansa dans un communiqué repris par Air Journal. Ainsi, l’ajustement des effectifs apparaît comme indispensable pour dégager de nouvelles marges.
Emploi et tensions sociales : syndicats et employés en alerte
Cependant, ce plan de suppression d’emplois suscite déjà une vague de protestations. Le syndicat Verdi a réagi avec véhémence : « Nous ne permettrons pas une véritable saignée au sein du personnel au sol de Lufthansa, et nous utiliserons également la prochaine négociation collective pour nous y opposer », a affirmé Marvin Reschinsky, représentant syndical. Les discussions sociales s’annoncent donc tendues, d’autant plus que la mise en œuvre du plan est prévue de façon progressive jusqu’en 2030.
La direction de Lufthansa insiste sur la nécessité d’un dialogue avec les partenaires sociaux. Pourtant, les souvenirs des tensions récentes impliquant les pilotes et le personnel navigant soulèvent des inquiétudes quant à de nouvelles mobilisations. Le secteur de l’aviation allemande, déjà éprouvé par des restructurations successives, pourrait connaître d’importantes transformations en matière d’emploi, confronté aux défis de la modernisation, de la compétitivité et du dialogue social.