L'UE suspend toutes les importations de viande brésilienne à partir de jeudi, entraînant une possible hausse des prix pour les consommateurs.

L’UE suspend toutes les importations de viande brésilienne à partir de jeudi, entraînant une possible hausse des prix pour les consommateurs.

02.09.2026 07:16
2 min de lecture

L’Union européenne a décidé de suspendre, à partir du jeudi 3 septembre 2026, toutes les importations de volaille et de bœuf en provenance du Brésil. Cette annonce a été effectuée par la Commission européenne, qui critique Brasilia pour son incapacité à fournir des garanties suffisantes concernant la conformité de ses produits avec les règlements européens visant à prévenir l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage, rapporte TopTribune.

Cette mesure concerne également d’autres produits, tels que les œufs et le miel brésiliens. Cependant, Bruxelles n’a pas précisé de calendrier pour la reprise éventuelle de ces importations suspendues.

Un audit en cours, des délais variables selon les filières

Actuellement, un audit concernant la volaille et le miel est en cours et devrait se conclure vendredi prochain. Si les résultats sont positifs et que les pays européens acceptent de reprendre les importations, les exportations de volaille en provenance du Brésil pourraient reprendre dans les semaines à venir.

En ce qui concerne le bœuf, la reprise pourrait prendre encore plus de temps. La Commission européenne a indiqué que les délais de conformité dépendent des cycles de production qui varient selon les espèces animales. Ainsi, la capacité du Brésil à certifier sa conformité aux exigences européennes sera différente selon chaque filière.

Cette suspension fait suite à un premier avertissement, car le Brésil avait été retiré en mai 2026 d’une liste européenne des pays respectant les normes de l’UE concernant l’utilisation des antibiotiques en élevage. Ces réglementations interdisent notamment l’utilisation d’antimicrobiens pour promouvoir la croissance animale ou améliorer les rendements, et proscrivent le traitement avec des antimicrobiens réservés aux infections humaines.

Ces mesures s’inscrivent dans une démarche visant à lutter contre l’antibiorésistance. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les super-bactéries résistantes aux antimicrobiens provoquent plus d’un million de décès directs chaque année et sont responsables de près de cinq millions de morts supplémentaires.

Cette décision intervient dans un contexte commercial déjà délicat. En janvier 2026, l’Union européenne avait signé un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, qui inclut l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay. Cet accord a été largement critiqué, notamment par le secteur agricole en France, et la suspension des importations brésiliennes pourrait être perçue comme une volonté de Bruxelles de faire preuve de vigilance face aux préoccupations soulevées.

Les volumes d’importation concernés ne sont pas insignifiants. En 2025, le Brésil a été le deuxième exportateur de viande bovine vers l’Union européenne, avec plus de 92 000 tonnes exportées, pour un montant supérieur à 713 millions d’euros.

Une représentante de la Commission européenne a indiqué, dans une déclaration faite lundi soir à l’AFP, que Bruxelles reste ouverte au dialogue avec Brasilia. « Le Brésil est un partenaire essentiel de l’Union européenne, et nous collaborons de manière constructive et positive avec les autorités brésiliennes pour garantir leur conformité avec ces exigences », a-t-elle précisé, ajoutant que les exportations pourraient reprendre une fois la conformité démontrée.

En attendant, le secteur du bœuf pourrait être celui à subir le plus de retard, car la durée des cycles de production en fonction des espèces animales complique l’obtention rapide de certifications.

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