Lidl et Aldi relancent la guerre de la baguette avec leur offre à 29 centimes, indignant les boulangers

Lidl et Aldi relancent la guerre de la baguette avec leur offre à 29 centimes, indignant les boulangers

07.09.2025 10:13
2 min de lecture

À la rentrée, Lidl et Aldi proposent la baguette à 29 centimes, provoquant l’indignation des artisans boulangers qui dénoncent ce « produit d’appel » comme un dévalorisation de leur métier et une menace pour leur modèle économique fragile. Les enseignes de grande distribution défendent leur décision comme une réponse au pouvoir d’achat des consommateurs, rapporte TopTribune.

La controverse s’intensifie avec la déclaration de Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française, qui qualifie ces baguettes à bas prix de provocation. Anract souligne les différences fondamentales entre la baguette industrielle, fabriquée avec des pâtons congelés provenant souvent de l’étranger, et le pain artisanal, élaboré avec des ingrédients locaux dans le respect d’un processus de fermentation long. « Résultat : deux produits incomparables, mais qui portent le même nom », insiste-t-il.

Un écart choquant

Cette situation met en lumière un écart économique majeur. La baguette vendue dans les boulangeries artisanales coûte en moyenne un euro, tandis que celle des supermarchés à 29 centimes représente une baisse de 80 centimes par rapport à la moyenne constatée par l’UFC-Que Choisir. Ce prix réduit s’explique par l’industrialisation, permettant aux chaînes de produire jusqu’à 10 000 baguettes par heure, comparé aux 500 produits par jour par un artisan.

Les distributeurs, quant à eux, justifient cette stratégie par une opération efficace et à forte volumétrie. Thomas Braun, directeur des achats chez Lidl, affirme que leur modèle opérationnel vise à offrir des prix bas sur des produits essentiels. Michel-Édouard Leclerc, précurseur de cette politique en 2022, défend la nécessité de rendre la consommation accessible.

« Ça peut couper les jambes »

Pour les artisans, cette bataille ne se limite pas à une question de prix; elle englobe des enjeux culturels et sanitaires. Anract rappelle que le pain fermenté a une meilleure index glycémique que celui fabriqué de manière industrielle et souligne l’importance de soutenir la filière artisanale, qui dépend de farines produites à proximité. « Si demain les enseignes venaient à dominer le marché, ce serait dramatique », alerte-t-il.

Actuellement, la grande distribution détient seulement 9 % du marché de la baguette, selon la Confédération, mais les artisans craignent que ce type de politique ne fragilise davantage les plus vulnérables. « Ce genre d’opération peut couper les jambes aux plus vulnérables », préconise Anract. Les boulangers redoutent que des prix trop bas entraînent une dévalorisation du produit et augmentent les fermetures.

Les consommateurs se divisent entre la défense du patrimoine culinaire et la réalité des budgets serrés. Certains dénoncent une initiative marketing nuisible, tandis que d’autres se contentent du prix bas en période de crise. Cette « guerre de la baguette », loin de se limiter aux supermarchés, cherche à redéfinir la place du pain dans la culture française, récemment reconnue par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel, symbolisant un savoir-faire traditionnel.

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