Licenciement d'un salarié espagnol : la justice annule la sanction après une altercation au chantier naval

Licenciement d’un salarié espagnol : la justice annule la sanction après une altercation au chantier naval

17.09.2026 13:16
2 min de lecture

Après une altercation avec un collègue, un salarié espagnol a quitté son chantier naval sans prévenir, ce qui a conduit à son licenciement quelques jours plus tard. Le tribunal a finalement donné raison à l’employé, jugeant son licenciement abusif, rapporte TopTribune.

Une dispute avec un collègue

Le 16 mai 2025, alors qu’il est employé par l’entreprise depuis 2022, le salarié est impliqué dans une dispute avec un collègue. Suite à cette altercation, il quitte son poste sans avertir sa hiérarchie, ce qui contraint son superviseur à prendre sa place et prolonge la journée de travail pour l’équipe.

Le responsable du site parvient à joindre le salarié par téléphone. Ils conviennent alors qu’il ne viendra pas travailler le lundi suivant et qu’il prolongera ses vacances de trois jours supplémentaires.

Plusieurs faits reprochés

Le lendemain, le 20 mai, la situation se complique. Le salarié se présente sans prévenir sur un autre chantier de l’entreprise où il n’est pas affecté. Face à cette situation, il est informé que sa présence n’est pas nécessaire et finit par quitter les lieux. Le 30 mai, après une audience préliminaire, son employeur lui notifie son licenciement disciplinaire.

Son entreprise lui reproche alors deux infractions graves, telles que définies par la convention collective de l’industrie sidérurgique de la province de La Corogne : abandon de poste et fraude, déloyauté ou abus de confiance.

Une faute grave

En première instance, le tribunal rejette la demande du salarié, considérant que son licenciement était justifié. Il fait alors appel devant la Haute Cour de Justice de Galice, qui lui donne raison sur un point crucial. La cour confirme qu’il a effectivement abandonné son poste.

Cependant, elle estime que les conséquences de cet abandon ne justifient pas une faute suffisamment grave pour un licenciement. Selon la convention collective, l’abandon de poste devient une infraction très grave uniquement s’il entraîne un préjudice au personnel ou un risque conséquent pour la sécurité.

Dans cette affaire, les conséquences se sont limitées à des tâches supplémentaires pour les collègues et une prolongation de leurs horaires. Les magistrats concluent donc que les faits relèvent d’une faute grave, mais pas d’une faute très grave justifiant la sanction maximale.

Un comportement « erratique ou capricieux »

La seconde accusation, portant sur son comportement, ne convainc pas davantage le tribunal. Sa présence dans un autre centre est qualifiée de comportement « erratique ou capricieux ». De plus, une fois informé de son inaptitude à travailler sur place, le salarié est reparti.

La Haute Cour de Justice de Galice a donc déclaré que son licenciement disciplinaire était abusif. L’entreprise doit désormais choisir entre la réintégration du salarié, avec paiement des salaires dus durant la procédure, ou le versement d’une indemnité de 11 462,27 euros.

Il est important de noter que le dossier n’est pas clos, puisque cette décision pourrait encore faire l’objet d’un pourvoi devant la Cour suprême espagnole.

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